Avec Scarlett Johansson, Morgan Freeman
Sortie : mercredi 6 août 2014
Je vote : 3 sur 5
Quezako ?
A la suite de circonstances indépendantes de sa volonté, une jeune étudiante, de passage à Taïwan, voit ses capacités intellectuelles se développer à l’infini. Elle «colonise» son cerveau, et acquiert des pouvoirs illimités. Elle aura bien besoin de ses forces intérieures pour lutter contre un dangereux trafiquant de drogue.
Luc Besson cultive le goût pour les femmes dotée d’un caractère bien trempé : tout comme Nikita, Jeanne d’Arc, Lucy est une super héroïne, poussée dans ses derniers retranchements par la violence et la cupidité des hommes. Pour autant, la grande différence, cette fois, est que cette jeune femme est « banale ». Mais, forcée à jouer la « mule » pour livrer une nouvelle drogue sur le marché européen, Lucy voit, quand le produit est accidentellement libérée en elle, son cerveau se transformer et ses capacités physiques se décupler au point de pouvoir maîtriser le temps. Surpuissante et omnisciente, Lucy ressent désormais tout autour d’elle et peut contrôler ce qui l’entoure… Suite à une conversation avec une chercheuse, Luc Besson a eu l’idée de ce film qui part d’un constat simple : selon une opinion répandue, nous n’utilisons que 10 % de nos capacités neuronales. Même si c’est un peu plus complexe, l’homme ne met en œuvre qu’une partie de ses neurones à la fois. Mécène de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière, le cinéaste a pu faire relire le scénario par des spécialistes comme il le souligne : « J’y ai rencontré le neurologue Yves Agid et le professeur Gérard Saillant. Je les ai beaucoup questionné. Ils ont lu la première version du scénario, dans lequel il y a d’ailleurs plein de choses fausses et beaucoup d’autres tout à fait exactes.«
Fidèle à son style de mise en scène, n’hésitant pas à s’inspirer de modèles américains, Luc Besson signe un récit enlevé au montage serré et d’une belle efficacité. Il y glisse bien des messages sur l’écologie, l’utilisation néfaste de certains progrès scientifiques… Malgré certaines redondances -dans les plans sur la vie animale et la lutte pour la survie notamment-, malgré certains effets spéciaux un peu pauvres, ceux qui symbolisent l’hyper acuité de Lucy, son thriller d’anticipation fonctionne, portée par l’énergie sans faille de Scarlett Johansson et le jeu tranquille et sûr d’un Morgan Freeman qui campe, avec son élégance naturelle, un chercheur débordé par l’irruption de cette jeune femme dotée de bien des pouvoirs et dont le comportement corrobore certaines de ses hypothèses scientifiques. Le parallèle entre ses cours et le parcours de Lucy étant sans doute la structure narrative la plus intéressante du film.
Pour le reste, Luc Besson sait y fait et les cascades réglées par les fils Julienne sont tout à fait splendides, notamment dans la poursuite où Lucy prend la rue de Rivoli de Paris à contre sens et fonce sous les arcades. Quant à la bande-son, elle ménage quelques moments forts alors que l’ami fidèle, Eric Serra, signe, une fois encore, une musique originale qui colle aux images de cette aventure.
Au final, il délivre l’air de rien son message personnel de confiance en l’avenir quand Lucy déclare : « C’est l’ignorance qui apporte le chaos, pas la connaissance. » En moins d’1h30, on peut ainsi se divertir en découvrant la complexité du cerveau humain.


