JERSEY BOYS, de Clint Eastwood – 2h15
Avec John Lloyd Young, Erich Bergen, Micahel Lomenda, Vincent Piazza et Christopher Walken
Sortie : mercredi 18 juin 2014
Je vote : 3 sur 5
Quezako ?
Quatre garçons du New Jersey, issus d’un milieu modeste, montent le groupe The Four Seasons : il deviendra mythique dans les années 60. Leurs échecs et leurs succès sont ponctués par les tubes emblématiques de toute une génération,tels Sherry, Big Girls Don’t Cry, ou encore Who Loves You. Ils sont repris aujourd’hui par les fans de la comédie musicale dont s’est inspiré le cinéaste.
Une des astuces du film, c’est de montrer les coulisses de la vie de ce quatuor qui ont grandi dans la misère, tout en retrouvant la convention du spectacle où chaque membre du groupe se raconte face à la caméra, ce qui confère à l’ensemble un ton très subjectif. Lauréat d’un Tony pour son interprétation scénique du célèbre chanteur à la voix aigue, John Lloyd Young retrouve de nouveau son rôle pour Eastwood et déclare : « A mon avis, c’est la part d’ombre de leur ascension qui est aussi fascinante. C’étaient des petits gars du New Jersey, bagarreurs et agressifs, qui poursuivaient un rêve, et qui ont su puiser leur énergie dans le monde de la rue et la transformer en phénomène musical. C’est, au fond, l’histoire d’une fulgurante réussite sociale ».
Sur le plan de la mise en scène, Eastwood s’attache à capter avec une grande minutie le quatuor en scène, avec une caméra qui s’attarde sur un geste, glisse sur les cuivres en action, pour capter, in fine, l’émotion d’un interprète. Ainsi, le spectateur a le sentiment d’être au plus près des Jersey Boys en pleine action.
Mais, il décrit aussi l’atmosphère de cette époque où les musiciens doivent une part de leur survie au soutien bienveillant de la mafia avec le personnage de son chef, impeccablement campé par Christopher Walken qui tourne pour la première fois avec Eastwood. Pour l’anecdote, une des chansons des Jersey Boys , Can’t Take My Eyes Off You figure sur la bande-originale de Voyage au bout de l’enfer, le chef d’œuvre de Michael Cimino qui fit connaître, en 1978, ce comédien.
Le final en forme de clin d’œil à l’univers de la comédie musicale et du théâtre permet d’entendre la version originale d’une chanson des Jersey Boys, que Claude François rendit célèbre en France en 1975, Cette année-là, où il racontait son début de carrière dans les années 60.
Dans ce retour nostalgique sur une époque heureuse des Etats-Unis, même s’il n’est pas exempt de violences et de combines, Clint Eastwood rend un bel hommage à un groupe à l’univers rétro en diable. Du cinéma d’une facture classique mais soignée dans le moindre détail. S’il n’est pas présent à l’écran, Eastwood n’a pas résisté à faire référence à sa carrière avec l’extrait de Rawhide, célèbre série western qui le fit connaître en 1959, et que l’on voit apparaître fugacement à la télévision. Ah, la nostalgie…

