LES ERRANCES DU « VIEUX » SKATTEUR

130515_DANGER_DAVE-4DANGER DAVE, de Philippe Petit – 1h27

Documentaire

Sortie : mercredi 18 juin 2014

Je vote : 2 sur 5

Quezako  ?

Les tribulations d’un skateur professionnel en bout de course mais sans la moindre envie de mettre un terme à sa carrière. Pendant cinq ans, un cinéaste suit un homme qui ne parvient plus à se maintenir à un niveau professionnel tant sa vie est une longue dérive festive et libertaire.

130515_DANGER_DAVE-31Convaincant 

Il a fallu cinq ans d’effort à Philippe Petit, comédien et réalisateur, pour venir à bout de son projet qu’il concevait au départ comme une fiction mais qui a dû batailler ferme pour réussir à suivre les errances du Belge  David Martelleur qui est déjà un »vieux » skater.  Philippe Petit décrit ainsi sa première rencontre avec un gars a priori pas porté sur les confidences  « C’était en milieu de journée à Bruxelles. Nous nous sommes évidemment rencontrés autour d’une bière. Il était quand même assez timide au début. Je sentais qu’il y avait une espèce de force en lui, une grande insouciance, mais aussi une grande fêlure, camouflée sous une grande timidité. C’est aussi ce qui transparaît dans le film; il y a _MG_2860 copiebeaucoup de moments où il questionne la communication qu’on a entre nous. Alors qu’il est décrit comme quelqu’un qui se met beaucoup en avant, qui fait le con tout le temps, ou comme le premier à embringuer plein de gens dans plein d’histoires, je me suis aperçu qu’il était très en retrait de lui-même… »

L’astuce du film est de voir apparaître le cinéaste comme acteur de cette étrange errance sur les plans de skate européen et sa manière de se dévoiler lui aussi. Il poursuit : « J’ai décidé d’«entrer» dans le film afin de provoquer une rupture et créer une dynamique qui nous emporte. Et puis c’est vrai que j’ai toujours adoré jouer la comédie, j’ai commencé à jouer dans les films de copains de promo lors de mes études, puis, encouragé par une volonté de vivre mille vies et la possibilité de travailler la direction d’acteur, j’ai joué dans mes propres films et le fait aujourd’hui pour les autres. Mais je dois avouer que me retrouver dans cette situation dans «Danger Dave» a été assez violent. Suffisamment pour que David en soit arrivé à dire alors qu’il me filmait « Regarde-le, il aime pas ça! C’est en lui donnant la caméra que j’ai adopté un changement de point de vue. » Au passage, Philippe Petit restitue bien l’univers urbain bétonné où évoluent ces skaters dont le mode de vie reste en marge et qui s’affrontent dans des lieux impersonnels à souhait et qui se ressemblent tous en bordure des grandes villes.130515_DANGER_DAVE-44Moins convaincant

Si ce doc met bien à nu les états d’âme de David Martelleur, sa manière de vivre au jour le jour en cherchant toutes les combines pour voyager en dépensant le moins, il ne peut éviter le piège des répétitions, de séquences qui se ressemblent, malgré les efforts de mise en scène du réalisateur. Finalement, le spectateur ne peut que prendre ses distances avec la présentation de ces voyages sur planche à roulettes, des enjeux de ces rencontres et de vie réglée par des fêtes où l’alcool et la bière sont très présents. Ce monde de potache vieillissant ne peut alors créer une vraie empathie. Et l’on se sent  un brin étranger aux tribulations de ces skaters qui semblent bien paumés et prisonniers de cette passion qui en transforme certain en éternels adolescents..

 

Laisser un commentaire