WE ARE THE BEST !, de Lukas Moodysson – 1h37
Avec Mira Barkhammar, Mira Grosin et Liv LeMoyne
Sortie : mercredi 4 juin 2014
Je vote : 3 sur 5
A Stockholm en 1982. En pleine vague disco, Bobo; Klara et Hedvig, trois adolescentes, décident de former un groupe pour prouver que le punk n’est pas passé de mode…
Et alors ?`
Certes, ce film ne révolutionne pas le cinéma mais il décrit avec une finesse certaine le climat éducatif et social de la Suède des années 80. Et ce, par le truchement de l’adaptation que fait Lukas Moodysson d’une bande dessinée écrite par son épouse, Coco. Il souligne : « Je voulais reproduite le ton du livre. J’aurais pu modifier un peu l’histoire en elle-même mais c’était important de ne pas changer de ton. C’est en général ma façon de faire. Je ne suis pas forcément toujours minutieux avec le scénario. Je suis plus intéressé par le ton, l’ambiance, les détails. » Aussi bien dans les relations entre ces trois nanas que dans la description de leur vie familiale, il trouve les « détails » qui donnent du relief à son histoire. Avec une seule ambition, comme il raconte : « J’ai senti que, dans toute cette
morosité qui nous entoure, je voulais faire un film joyeux, un clin d’œil qui scintielle et nous dit que la vie n’est pas entièrement impossible. Qu’il y a des moyens et des occasions. Le point crucial était de faire un film réjouissant et je voulais surtout que nous nous amusions à le faire. Ce qui n’est pas nécessairement toujours la même chose. » Il y parvient en nous faisant partager le quotidien de ces trois jeunes filles rebelles mais aussi tendres et qui sont particulièrement bien campées par les trois jeunes actrices qui revivent, par procuration, toute une époque.
« C’était comme s’il y avait plus de choses pour se battre à cette époque, encore un peu d’étincelles du mouvement hippie des années 60 et 70 » souligne Liv LeMoyne, chanteuse et guitariste. Quant à Mira Barkhammar, le batteur de l’histoire, elle souligne : « L’univers scolaire et le comportement des enfants étaient différents. A la fois l’apparence extérieure et l’essence intérieure semblaient plus importants. Les gens pouvaient être méchants mais de manière beaucoup plus jolie. » Ce trio connaît en tout cas la musique et dégage une belle énergie tout au long de ce retour sur une époque révolue avec une description un brin ironique de la société et du monde des adultes.
C’est joyeux, enlevé et parfois émouvant. Une tranche de vie qui a de quoi nous toucher car le réalisateur se garde bien de faire de longs discours mais filme au plus près cette histoire de trois adolescentes, en les suivant à un moment de leur vie et sans chercher à donner des explications en permanence. Avec, des séquences réussies comme celles du concert dans la fête de village où nos trois punks mettent une jolie pagaille dans le gymnase sinistre avec un animateur-père Noël de circonstance.

