LA CRÈME DE LA CRÈME, de Kim Shapiron – 1h26
avec Thomas Blumenthal, Alice Isaaz et Jean-Baptiste Lafarge
Sortie : mercredi 2 avril 2014
Je vote : 3 sur 5
Quezako ?
Dan, Kelliah et Louis sont trois étudiants d’une grande école de commerce de France. Formés pour devenir l’élite de demain, ils sont bien décidés à passer rapidement de la théorie à la pratique. Alors que les lois du marché semblent s’appliquer jusqu’aux relations entre garçons et filles, ils vont transformer leur campus en lieu d’étude et d’expérimentation. La crème de la crème de la
jeunesse française s’amuse et profite pleinement de ses privilèges : tout se vend car tout s’achète… mais dans quelle limite ?
Et alors ?
Après Dog Pound et son oppressant climat carcéral, Kim Shapiron revient à son thème favori : décrire une jeunesse en pleine crise, voire en perdition. A travers le portrait de ces trois jeunes étudiants qui appliquent les lois du marché dans la vie de cette grande école, il décrit la mentalité de ceux qui formeront l’élite dirigeante de demain. Et dont le cynisme fait parfois froid dans le dos, même si le ton du film tire plutôt vers la comédie sociale. Chez eux, tout n’est que froid calcul et réflexion économique. Et cela s’avère payant.
Pour prendre le pouls de ces écoles, l’équipe dont la moyenne d’âge tournait autour de 25 ans , s’est glissée dans des soirées et des évènements étudiants. Découvert dans Les Choristes, Thomas Blumenthal raconte ses impressions en ces termes : « C’était dingue de les voir, tous complètement défoncés, et de se dire qu’ils sont peut-être les décideurs de demain. Mon personnage par exemple pense de manière hyper statistique, il n’a aucun affect, c’est une machine. »
La force de ce film tient beaucoup plus à ce traitement dérangeant, polémique qu’à une mise en scène qui offre quelques belles surprises même si les scènes chantées masquent un manque de ressort dramatique.. Dans le trio des comédiens, on remarque particulièrement Jean-Baptiste Lafarge qui campe, sans la moindre hésitation, un jeune loup aux dents longues.
Sur le ton de la comédie et d’un humour souvent sombre, Kim Shapiron pointe du doigt certaines dérives de notre société actuelle et se moque de cette vision froide et calculatrice des relations sociales.
