L’ETRANGE COULEUR DES LARMES DE TON CORPS, de Bruno Forzani et Hélène Cattet – 1h42
Avec Kalus Tange, Sam Louwyck, Jean-Michel Vovk
Sortie : mercredi 12 mars 2014
Je vote : 2 sur 5
L’histoire ?
Une femme disparaît. Son mari enquête sur les conditions étranges de sa disparition. L’a-t-elle quitté ? Est-elle morte ? Au fur et à mesure qu’il avance dans ses recherches, il plonge dans un univers cauchemardesque et violent…
Et alors ?
En 2010, Quentin Tarantino avait rangé le premier long métrage de ces deux artistes, Amer, parmi les vingt meilleurs films de l’année. Une belle promotion pour ces deux cinéastes qui se sont croisés en 2000 à Bruxelles et ont commencé par signer des courts-métrages, souvent tournés dans leur appartement, et qui ont fait le tour de bien des festivals. Avec cet opus, le spectateur n’est pas au bout de ses surprises, tant le parti pris visuel des deux réalisateurs est audacieux et la mise en scène de ce cauchemar éveillée spectaculaire.
En multipliant les histoires à tiroirs, comme dans les poupées russes, les deux réalisateurs nous plongent au cœur de la violence humaine, et nous faisant vivre un cauchemar éveillé où la violence la plus présente le dispute à un érotisme sadien : regards vitreux et sanglants, plans d’un poignard qui caresse un téton féminin… Avec des personnages qui parlent rarement et évoluent dans de splendides décors art nouveau, trouvés aussi bien à Bruxelles qu’à Nancy, tel le splendide hôtel Hannon et la villa Bergeret de Nancy. On ne peut aussi être insensible au travail soigné sur les bruitages et la bande son qui sont parfois à la limite du supportable.
De tels choix esthétiques ont aussi leurs limites et ce récit sombre et plastiquement très fort finit par perdre le spectateur dans un labyrinthe d’images noires, d’un univers glaçant. Et qui offre parfois des séquences qui se répètent, notamment dans l’érotisme et la sensualité morbide.
S’inscrivant dans la tradition d’un Mario Bava, le duo ne manque pas de style mais leur histoire tire un brin au final en longueur avec une certaine complaisance dans l’horreur.

