DEUX COUPLES DANS UN MIROIR

WEEK-ENDS, d’Anne Villacèque – 1h30

Avec Karin Viard, Noémie Lvovsky, Jacques Gamblin, Ulrich Tukur

Sortie : mercredi 19 février 2014

Je vote : 3 sur 5

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Quezako 

Un week-end à la campagne peut souffrir d’un petit rien.  Pour Christine, les temps sont durs  :  Jean la quitte. Ses amis de toujours, Sylvette et Ulrich, sont un peu moins ses amis. Tout fout le camp. Mais la vie est toujours pleine de surprises.  Amours et désamours dans la vie de deux couples, le temps des week-ends.

Et alors ?

366988 « Nous avons tous été confrontés à cette expérience : la séparation d’un couple ami. Tous les rôles sont redistribués. On obéissait à une mécanique plus ou moins bien rodée, on avait nos petites habitudes, les hommes ensemble, les femmes entre elles, bref, ça roulait et brusquement le groupe explose.  Nous ne sommes plus que des êtres désemparés, fragiles, soudain très seuls »,  souligne Anne Villacèque pour évoquer ces deux crises qui se renvoient l’un à l’autre, comme dans un miroir, son existence et ses fêlures.

En utilisant au gré des saisons une unité de 174lieu -ces résidences secondaires au bord de la mer du côté d’Etretat- le temps d’un week-end, elle offre un écrin à cette crise sentimentale qui rejaillit sur la vie amicale.

Malgré quelques moments réussis -ainsi quand Christine est agressée dans un supermarché pour avoir « piqué » une place de parking- ou celle du dîner de Sylvette et Ulrich avec Jean et sa nouvelle compagne, le film offre une réalisation classique avec l’inévitable voix-off qui remet les personnages en perspective.

Ce qui donne du souffle au récit, c’est la partition sans failles des comédiens. Karin Viard parvient à exprimer toute la détresse du monde, quand Noémie Lvovsky  symbolise toute la stabilité du monde, tout comme son mari, solidement campé par Ulrich Tukur. Quant à Jacques Gamblin, il garde cette part de mystère qui est le plus intéressant dans l’histoire car les raisons de sa séparation reste ainsi pas vraiment dite.  Et la cinéaste de conclure : « Il s’est passé quelque chose de magique pour moi sur ce film : les quatre comédiens que j’avais désirée pour incarner les quatre personnages principaux ont tous accepté ma proposition. Mieux : je voulais un véritable engagement, sans flottement, sans malentendu. Et je l’ai eu. »

La solidité du récit tient beaucoup à cette implication sans failles et fait oublier quelques faiblesses du scénario et des séquences attendues…

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