Le monde en un jardin Bande-annonce par toutlecine
LE MONDE EN UN JARDIN, documentaire de Frédérique Pressmann 1h31
Sortie : mercredi 22 janvier 2014
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Le sujet ?
Sur la colline de Belleville, à Paris, un parc. Depuis ce parc, on dispose d’un splendide point de vue sur la capitale. Dans ce parc, beaucoup de verdure, une foule métissée, et un jardinier visionnaire. Gérard sert la nature au sein d’un des quartiers les plus urbains et populaires de la ville. Il y a vingt-cinq ans, ce parc n’existait pas. Bâti sur des ruines, il est le fruit de la rénovation du quartier et porte en lui toutes les ambiguïtés de la politique d’urbanisme menée depuis les années 60. Pourtant, c’est devenu un lieu de rencontre où se croisent anciens et nouveaux habitants, un lieu de vie, une sorte de modèle réduit de société.
2 raisons d’aller voir ce doc ?
Découvrir un quartier méconnu de Paris et un artisan étonnant. L »’histoire a démarré au milieu des années 80, quand j’ai découvert le quartier de Belleville pour la première fois. A l’époque, l’ancienne rue Ramponneau existait encore, dans un état de délabrement avancé, et à l’emplacement du parc actuel il n’y avait qu’une butte de terre damée. Je me rappelle encore ma surprise et mon émotion en découvrant ces lieux, moi qui vivais à Paris depuis toujours, dans le Marais, à quelques stations de métro de là, sans soupçonner l’existence au cœur de ma ville d’un quartier à la fois si vétuste et empreint d’une telle poésie » raconte Frédérique Pressmann, réalisatrice de films documentaires et de créations sonores, avec Arte Radio notamment. Le guide de cette découverte est un personnage sortant de l’ordinaire, ce jardinier, Gérard, qui porte dans son regard une capacité de s’émerveiller des petites choses de l’existence et qui goûte le moindre instant passé dans cet havre de paix au cœur d’une cité bruyante. Un philosophe à sa façon qui souligne au détour d’une phrase : “Autour de soi, on a tout. Alors on peut toujours aller chercher plus loin des choses plus extraordinaires, mais oui, d’accord ! Mais autour de soi, si on se place dans n’importe quel coin de la France, sur 50 km à la ronde, on a tout pour être bien.”
Voir comment ce jardin permet le mélange de bien des communautés. De la communauté chinoise du quartier qui vient pratiquer les exercices de tai chi à des danseurs de tango, en passant par ce jardinier qui nettoie les allées et s’évade un balai en main, tout un monde se croise dans ce jardin, se parle, vit en commun. Comme si ce lieu permettait de recréer un lien social souvent mis à mal dans les grandes métropoles. La cinéaste poursuit : « Le film se déroule sur quatre saisons pour permettre aux spectateurs de palper l’écoulement du temps et le cycle de la nature. Et c’est un huis-clos, c’est-à-dire que l’action se déroule exclusivement à l’intérieur des frontières du Parc, pour bien faire ressortir le
côté “modèle réduit de notre société” que je vois dans cet espace, avec ses enjeux, ses difficultés et ses richesses. Dans le cadre ainsi posé, j’ai espéré que viendrait se dessiner un certain visage de la France d’aujourd’hui. Et c’est ce qui s’est passé. » Si l’on peut regretter la répétition de certains plans, une certaine lenteur dans la deuxième partie du doc qui nuit à la fluidité du récit, ce portrait d’un jardinier qui redonne une âme à un lieu en l’entretenant avec une ferveur certaine ne peut que toucher et susciter la réflexion. Car, cette description d’un jardinier est prétexte à une réflexion bien plus large sur les villes, la place des citoyens et les relations sociales. A découvrir malgré ces quelques réserves.


