En trois films, Sara Forestier prouve qu’elle appartient bien à la cour des grandes. La preuve cette semaine avec le dernier film des frères Larrieu, L’amour est un crime parfait.
La fin 2013 et le début 2014 ont été favorables à l’actrice révélée en 2004 par sa prestation superbe dans L’Esquive, d’Abdellatif Kechiche où elle campait Lydia, ado de 15 ans qui répétait du Marivaux pour une réprésentation scolaire. Après l’étonnant corps à cœur de Mes séances de lutte, de Jacques Doillon avec James Thierrée, elle a enchaîné sur Suzanne, film inégal mais qu’elle porte de bout en bout et revient aujourd’hui en étudiante vampant Mathieu Amalric qui joue, pour les frères Larrieu, un prof de littérature de l’université de Lausanne qui multiplie les aventures avec ses élèves. Un film adapté d’un roman de Philippe Djian, Incidences, publié en 2010. Les Larrieu s’y montrent fidèles à leurs obsessions, notamment celle de filmer les corps : « Notre idée a toujours été de filmer des corps dans le paysage ou des corps comme des paysages« .
Ne perdant jamais son âme ni sa spontanéité dans des personnages forts et parfois dérangeants, elle conserve toute sa spontanéité de jeu. Avec le temps, on a le sentiment qu’elle a su définir ses envies, ses goûts pour certains risques et certains personnages. « Je dirais plutôt que quelque chose se précise. Mes goûts sûrement. Avec le temps, je sais mieux ce que j’ai vraiment envie de faire. Ces trois films, j’aurais envie de les voir comme spectatrice ; ce sont des films inspirants, des histoires que j’avais envie de raconter » souligne t-elle.
Depuis le César de la meilleure actrice obtenue en 2011 pour sa prestation déjantée et drôle dans la comédie Le Nom des gens, de Michel
Leclerc, Sara Forestier prouve une fois encore qu’elle ne gère pas sa carrière avec prudence mais, continue de prendre des risques, de tenter des chemins nouveaux.
Elle risque encore de nous surprendre avec le film dont elle écrit un scénario depuis sept ans et qu’elle doit tourner au printemps : l’histoire d’une jeune fille bègue hyper sensible, très cérébrale, mutique, avec un homme beaucoup plus animal, qui fait des courses de voiture… Elle a déjà choisi son héroïne : Adèle Exarchopoulos. Une rencontre qui risque de ménager bien des surprises dont Sara Forestier est coutumière. Confidences de la comédienne : « C’est une actrice assez terrienne, avec quelque chose d’animal assez fort. Et je l’emmène vers quelque chose de plus cérébral. »
