Les Sorcières de Zugarramurdi – Extrait 4… par zootrope_films
LES SORCIERES DE ZUGARRAMURDI, Une folie d’Alex de la Iglesia – 1h52
Avec Carmen Maura, Hugo Silva, Mario Casas
Sortie : mercredi 8 janvier 2014
Je vote : 

sur 5
Quezako ?
Un groupe d’hommes braque un magasin d’or de la Puerta del Sol à Madrid. José, père divorcé en plein conflit avec son ex-femme, Tony, son complice, sex-symbol malgré lui, Manuel, chauffeur de taxi embarqué contre son
gré dans l’aventure, et Sergio, le fils de José, partent en cavale pourchassé par la police. Leur objectif est d’atteindre la France en échappant à la police…A rrivé près de la frontière française, dans le village millénaire de Zugarramurdi, le groupe va faire la rencontre d’une famille de sorcières, bien décidées à user de leurs pouvoirs maléfiques pour se venger des hommes…
2 raisons d’aller voir ce film ?
Il y a du Fellini et du Buñuel chez Alex de la Iglesia, iconoclaste cinéaste espagnol qui signe ici une comédie noire survitaminée où tout le monde en prend pour son grade, et l’Eglise en premier lieu, si profondément ancrée dans la culture espagnole. Revendiquant un « goût pour l’excès« , il se régale à dresser une étrange galerie
de portraits dans ce tableau noir de la société revue par un créateur qui avoue sa « misanthropie« . Tout est prétexte alors pour dégainer un humour noir comme l’encre et qui-malgré certaines longueurs notamment dans la deuxième partie et cette messe païenne- tient le spectateur en haleine de rebondissements en rebondissements dans un univers pictural qui fait penser à Jérôme Bosch avec tout ce petit monde grouillant de vie.Pour l’anecdote, Zugarramurdi est un village niché dans les Pyrénées occidentales de Navarre, tout près de la frontière française, et il compte un peu plus de 200 habitants. Comme la ville de Salem aux Etats-Unis, l’endroit est à jamais lié à la sorcellerie à cause d’un terrible autodafé qui eut lieu en 1610. Un cadre idéal pour situer ce conte loufoque très bien joué, notamment par une Carmen Maura qui prend visiblement un plaisir diabolique à camper cette sorcière prête à tout pour servir la cause féminine.
A ceux qui taxeraient le film de misogyne, le cinéaste répond par avance qu’il ne « l’est pas » mais avoue sa « peur des femmes. » Chacun jugera en son âme et conscience en découvrant sa comédie au vitriol. Mais, une chose est sûre : si les femmes y sont montrées comme de drôles de paroissiens, les hommes sont, eux, mesquins et pas vraiment courageux. Une vision pas très optimiste de la gent humaine menée à un beau rythme. Une petite folie comme les goûte le cinéaste espagnol qui est tout, sauf dans les clous. Avis aux amateurs.

