LA VIE D’UN MAITRE DU CLAVIER

ALEXANDRE THARAUD – LE TEMPS DEROBÉ, de Raphaëlle Aellig Régnier – 1h05

Documentaire

Sortie : mercredi 30 octobre 2013

Je vote : 4 sur 5

13142Le sujet  ?

Ce documentaire est une plongée dans l’univers d’un artiste moderne particulièrement talentueux  :  Alexandre Tharaud. Ce pianiste  a séduit un public bien au-delà de celui traditionnel de la musique classique grâce à son talent, sa sensibilité, mais aussi sa volonté de décloisonner ce monde parfois un peu figé en imaginant des aventures musicales inédites.

2 raisons de découvrir ce doc ?

Suivre pas à pas le cheminement d’un artiste inspiré et exigeant. Le grand public a découvert Alexandre Tharaud en 2001 avec sa versions des  Suites au clavecin de Rameau. Depuis, Il donne des concerts dans le monde entier et est devenu un des maîtres du clavier baroque. Un homme aussi qui, dans sa quête d’absolu musical, ne néglige aucune rencontre comme le montre bien ce film : au côté d’Alberto Garcia, chanteur de flamenco, ou avec le compositeur Gérard Peysson qui, pour lui, a écrit Future is a faded Song, pour la première fois donné en 2012 à Zurich et à Paris. Un artiste dont la vie représente une longue ascèse et qui avoue que la solitude parfois lui pèse. Il dit aussi : “ La vie de pianiste est proche de celle d’un sportif, elle vous prend tout ”.

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Pénétrer l’esprit d’un artiste. En collant au plus près de l’artiste, par une caméra présente sans être omniprésente, Raphaëlle Aellig Régnier parvient à nous faire vivre le processus musical au plus près. Que ce soit les échanges fraternels avec les « sorciers » d’Alexandre Tharaud -Kasuto et Akiko Osato venus régler la puissance de son clavier- ou les répétitions avec son ami et complice violoncelliste, Jean-Guihen Queyras. Au cours de ce voyage d’une loge à un pont de navire fendant les glaces nordiques, se dessine le portrait d’un timide qui se confie, d’un pianiste qui avoue que la scène est un peu comme une bulle, un lieu où le temps « semble s’arrêter« . Il dit : « Après un concert, il m’est arrivé de pleurer une heure seul dans ma loge… Maintenant, j’accepte de monter sur scène avec mes défauts, mais je sais que c’est le lieu où je partage la musique, et c’est devenu l’essentiel. Barbara que j’adore m’a appris que sur scène, on peut tout donner et tout recevoir ”.

Avec ce documentaire intimiste et fort, la réalisatrice nous donne à voir la musique en train de naître, dévoile les sentiments les plus personnels d’un virtuose.  Une belle entreprise de vulgarisation d’une manière originale d’aborder la création…

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