GRAVITY D, d’Alfonso Cuarón – 1h30
Avec Sandra Bullock, George Clooney
Sortie : mercredi 23 octobre 2013
Je vote : 3 sur 5
Pour sa première expédition à bord d’une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, experte en ingénierie médicale, accompagne l’astronaute chevronné Matt Kowalsky qui fait son dernier vol avant la retraite. Mais alors qu’il s’agit apparemment d’une banale sortie dans l’espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l’univers. Le silence assourdissant autour d’eux leur indique qu’ils ont perdu tout contact avec la Terre et la moindre chance d’être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d’autant plus qu’à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d’oxygène qu’il leur reste. Mais ils vont tenter de s’en sortir par tous les moyens…
James Cameron a fait la meilleure publicité à ce film en déclarant au célèbre magazine Variety : « Je pense que c’est la meilleure photo de l’espace jamais vue, le meilleur film sur l’espace jamais réalisé. « Bien vu, monsieur le director ! On ne peut que rester sous le charme de la reconstitution de la vie en apesanteur, aussi bien au cœur d’une station spatiale déserté où le moindre incendie provoque la panique que lorsque les astronautes voguent dans le vide sidéral. Et dans un silence majestueux mais qui peut devenir vite oppressant. Pour ce faire, Alfonso Cuarón -déjà remarqué par œuvre de science-fiction, Le Fils de l’homme– a fait fort avec les équipes techniques pour donner au spectateur cette impression de réalisme.
Pour « isoler » Sandra Bullock dans son personnage de chercheuse perdue en apesanteur, elle fut enfermée dans un cube avec, pour seul moyen de communication, un dispositif d’oreillette, accompagné d’un large panel de sons et de bruitages diffusés dans son casque. Ce « cube » était entouré de robots-caméras, et de robots pour assurer l’éclairage. Quant au reste du plateau, ils étaient occupés par techniciens installés derrière leurs ordinateurs sophistiqués. Grâce enfin à l’utilisation optimale de la 3D, le spectateur est ainsi transporté lui-aussi en apesanteur, découvrant vraiment l’espace à travers le regard de l’astronaute. De fait, Alfonso Cuarón nous fait partager sa fascination pour l’espace et le vide sidéral, lui qui déclare : J’ai toujours été fasciné par l’espace et l’exploration spatiale« . Même si cette histoire de survie est dramatique, le cinéaste parvient à y glisser quelques beaux moments d’humour avec un George Clooney qui adore blaguer ou la séquence où Ryan Stone, seule dans l’espace, croit enfin parler à une station terrestre quand c’est un fermier qui a capté son appel de détresse et qu’elle entend les aboiements des chiens.
Là où le film est moins convaincant, c’est dans la deuxième partie où, de station spatiale en station spatiale, Ryan Stone, qui arrive à se jouer des modes d’emploi et des commandes écrites en russe ou en chinois, parvient à déjouer tous les pièges du vide. Passée la séquence de rêve-cauchemar pas bien emmenée où George Clooney vient lui « souffler » des infos pour s’en démarrer la capsule, on a du mal à vibrer vraiment en suivant la fin de ces aventures. E, la dernière séquence où l’héroïne parvient à s’extirper, à bout de souffle, du vaisseau pour débarquer sur une terre sauvage et immaculée est assez peu vraisemblable et d’un symbolisme lourdingue. Le retour vers la Terre-Mère devient alors d’autant plus gênante que tout le début de l’histoire était véritablement prenant et d’une beauté totale.
Il n’en reste pas moins que l’opus vaut le détour pour cette plongée magistrale dans l’apesanteur et cet hommage aux hommes de l’espace, définis par George Clooney himself en ces termes : « J’ai toujours aimé l’idée de l’exploration spatiale et j’ai toujours eu du respect pour les hommes qui la font. Ils sont vraiment les derniers des grands pionniers. »



