Télévision
SURVEILLANCE, de Sébastien Grall, 1h30
Avec Thomas Jouannest, François Berléand, Léonie Simaga, Francis Perrin
Diffusion : mercredi 23 octobre sur France 2, 20h45
Je vote : 3 sur 5
Quezako
Chargé par une société de surveillance d’assurer la sécurité d’un hypermarché, Pierre Solvy découvre que l’on attend de lui autre chose que les traditionnelles interpellations de suspects. Les caméras mises à sa disposition ne servent pas seulement à observer les clients mais également les salariés de l’entreprise systématiquement filmés, épiés dans leurs moindres mouvements. Petit à petit, Pierre Solvy gagne la confiance de sa hiérarchie. Jusqu’au jour où il découvre un trafic et devient une menace pour le système qu’il a contribué à mettre en place…
2 raisons de découvrir ce téléfilm ?
Une adaptation d’un témoignage qui fit du bruit. En 2006, Flic de supermarché, de Régis Sérange, avait braqué les projecteurs sur les pratiques plus que douteuses de grands centres commerciaux. Disparu en juillet dernier, Sébastien Grall en a tiré un téléfilm de
suspense tourné dans le Nord de la France au cœur des ces espaces sans âmes où les grandes surfaces le disputent au magasins de faillite… L’homme sait tisser une atmosphère pesante comme tout et, à travers la quête de respectabilité de Pierre Solvy, un père faisant tout pour retrouver la garde de son fils -ce qui passe par un job fixe- il décrit une société de la surveillance et de la délation où le système de sécurité mis en place tourne au flicage généralisé. Durant la majeure partie de l’histoire, le téléspectateur se trouve englué dans ce monde où le moindre geste est épié, la moindre histoire d’amour dévoilée. Comme si de tels espaces généraient leur propre règle de conduite, des lois spécifiques qui ne sont pas forcément celles de la République.Des acteurs dans le tempo. Avec son physique de séducteur et sa carrure, Thomas Jouannest se glisse avec bonheur dans le costume du gardien zélé qui peut, tour à tour selon les situations, apparaître faible ou costaud. Un homme qui masque un manque de maturité, une naïveté, derrière cette carapace solide. Face à lui, plus secrète qu’il n’y paraît 
de prime abord, Léonie Simaga symbolise le bonheur après lequel court Pierre Solvy.
Et puis, alors que Francis Perrin fait une belle composition d’homme de marketing pressuré, François Berléand se glisse avec le talent que l’on sait dans la peau de ce chef de la sécurité cynique et prêt à tout pour assurer son pouvoir et camoufler les trafics. François Berléand qui, sur le tournage, se souvenait de menus larcins que naguère il a lui-même commis… Propos : « Il y a très longtemps, en 1978, j’ai volé régulièrement des couches-culottes. Je trouvais ça très cher, et je trouvais normal de m’accorder moi-même une ristourne de 30% en en piquant quelques-unes. Et puis, je devais ressentir une certaine fierté à réussir mon petit exploit. »
Bref, pour cet ultime téléfilm, qui lui a valu le prix du meilleur réalisateur au dernier Festival de Luchon, Sébastien Grall touche son monde même si le final du récit tourne au polar trop classique et ne parvient pas à tenir les promesses d’une histoire forte. Reste une réalisation très efficace, notamment par l’utilisation de l’image dans l’image par le truchement du bocal de surveillance.
