REFLETS ET CRUDITE – Bande-annonce VF par CoteCine
BRIGITTE FONTAINE – Reflets & Crudités, de Benoît Mouchart et Thomas Bartel
Documentaire – 58 minutes
Sortie : mercredi 2 octobre 2013
Je vote : 3 sur 5
Alors que sort son nouvel album, J’ai l’honneur d’être, Brigitte Fontaine est un portrait de cette irréductible de la scène qui se joue des époques et des modes avec une poésie féroce.
Et alors ?
L’astuce des réalisateurs, c’est de ne pas avoir essayé d’expliquer la plus rebelle des artistes françaises. Car Brigitte Fontaine ne se livre jamais mieux que lorsqu’elle brouille les cartes. Ne dit-elle pas ? « »Moi, qui suis-je, je ne le sais pas véritablement et il m’arrive de me croiser dans le miroir et de me demander qui est cette personne que je ne connais pas. »
Auteur du premier ouvrage sur la dame –Brigitte Fontaine, intérieur/ extérieur (Editions Castor Astral)- Benoît Mouchard laisse donc sa caméra suivre la dame dans ses déambulations parisiennes, non loin de son refuge de l’Île Saint-Louis ou sur les routes de sa tournée. Une femme qui a une manière vraiment personnelle de dire ses sentences, de lancer un jugement, dire une vérité bien sentie sur le monde tel qu’il va mal. Une artiste qui évoque ainsi son désir de théâtre quand elle était jeune fille à Morlaix où elle est née en 1939 : « Une fois sortie de mon jardin à Morlaix, j’ai toujours été étonnée par l’esprit des gens et leurs constructions et leurs manières de vivre, on aurait dit qu’ils étaient morts, qu’ils n’avaient pas de projets, pas d’idéal, pas de désirs. »
Au détour de ses déambulations, elle rencontre sous le soleil qu’elle déteste un voisin qui était encore de ce monde : Georges Moustaki. Tout comme elle retrouve le duo de ses premiers pas de théâtre et de chansons : Jacques Higelin et Rufus pour un échange plein de tendresse et de légèreté. Ensemble, ils marquèrent la scène à la fin des années 60 avec Maman, j’ai peur. Sans oublier bien sûr, Areski Belkacem avec lequel elle forme un couple attachant et pas courant. Ou encore le déjanté Philippe Katerine, qu’elle dirige durant une séance d’enregistrement.
De coq à l’âne en éclats de sincérité à fleur de peau, cette narration éclatée décrit bien cette vieille dame indigne qui lance dans un de ses tubes récents : « Je suis vieille et je vous encule/ Avec mon look de libellule/ Je suis vieille sans foi ni loi/ Si je meurs, ça sera de joie. » Souvent déconcertante, Brigitte Fontaine ! En tout cas, elle est pour l’instant bien vivante et toujours rebelle.


