L’ÎLE DU DOCTEUR DJ

the_legend_of_kaspar_hauser_pressLA LEGENDE DE KASPAR HAUSER, de Davide Manuli – 1h35

avec Vincent Gallo, Silvia Calderoni, Elisa Sedanoui, Claudia Gerini

Sortie : mercredi 4 septembre 2013

Je vote :  3 sur 5

Quezako ?

Une île rocailleuse baignée de soleil. Un corps s’échoue sur la plage : il s’agit de Kaspar Hauser,  prince héritier mystérieusement volatilisé à l’enfance. Ce corps qui refait surface semble avoir perdu l’esprit. Son apparition trouble la routine des habitants de l’île. Inquiète, la grande Duchesse de l’île appelle à la rescousse son amant, Pusher, dealer, tueur à gages. Malgré la menace entourant son existence, ce garçon apprend la vie auprès du Shérif, ancien DJ qui le considère comme un nouveau Messie…

Et alors ?

Si vous n’aimez ni la techno -en l’occurrence une musique originale, capitale dans l’histoire et signée Vitalic-  et si vous aimez les histoires logiques, cette histoire n’est point pour vous tant elle est déroutante avec une galerie de personnages qui semblent surgis de nulle part et une imbrication de plusieurs récits.  Filmant le sol de cette île FNC_The legend Kasparécrasée de chaleur -et les décors splendides d’une carrière abandonnée- en glissant vers l’horizon de la mer environnante, Davide Manuli revisite à sa façon la légende du Kaspar Hauser, hier célébré par Herzog au cinéma en 1974. Car, loin de la Bavière, il situe son récit dans un univers minéral dont le caractère insolite est encore accentué par une utilisation -très belle- des cadres en noir et blanc

Au cœur de l’histoire se croise deux personnages. Ce shérif et Pusher, campé par Vincent Gallo, artiste aussi inclassable que cette histoire et qui promène sa silhouette dégingandée dans ce décor de fin du monde. Et Kaspar Hauser, joué par Silvia Calderoni, performeuse, DJ et actrice à la silhouette androgyne.

Film filmé comme dans un trip halluciné, ce voyage existentiel porté par la techno ne peut visuellement laisser insensible. Sur le plan du récit, en revanche, l’originalité du propos peut larguer le spectateur le moins attentif aux errances de ce Sherif, entouré de créatures improbables. Que ce soit la duchesse, qui semble sortie d’un conte sado-maso, ou la fille perdue à laquelle Elisa Sednaoui prête sa silhouette de rêve.

Avec les trois soucoupes volantes qui ouvrent l’histoire, on est d’emblée plongé dans un voyage initiatique aussi beau que déroutant…

Kaspar_Hauser_Fil

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