LA DRÔLE DE FAMILLE DE RENE FERET

LE PROCHAIN FILM, de René Féret – 1h23

avec Frédéric Pierrot, Sabrina Seyvecou, Marilyne Canto, Antoine Chappey

Sortie : mercredi 21 août 2013

Je vote : 4 sur 5

17Quezako ?

A cinquante ans, Louis Gravet aimerait devenir un acteur comique. Son frère Pierre, réalisateur, a l’idée de l’engager dans le rôle principal d’une comédie. Les circonstances familiales, leurs femmes, leurs enfants, une nièce , les en empêcheront jusqu’à choisir de tourner un autre film, neuf et inattendu.

2 raisons d’aimer ce film ?

Sur le thème souvent traité du cinéma qui se raconte, René Féret  réussit une histoire d’une grande originalité où, sur un prétexte 12mince, il parvient à évoquer des thèmes qui lui sont chers : le mystère des relations familiales entre tendresse et tensions soudaines; le secret des sentiments amoureux et les affres de la création. Au départ, il avait pourtant une simple idée ainsi définie : « J’avais seulement un désir de film, un peu enfantin, qui s’exprimait ainsi : « Tiens, je ferai bien un film sans argent et sans scénario, mais avec des acteurs que j’aime. » Ça a été le point de départ. »

A partir de ce fil ténu, il déroule un scénario aussi surprenant que d’un humour léger et touchant. C’est l’irruption d’une nièce envahissante dans la vie de Pierre et sa compagne Suzanne. C’est la séquence désopilante de l’audition du même Pierre avec un réalisateur dont le visage trahit peu l’envie de tourner une vraie comédie. C’est encore les consultations d’un chirurgien qui ausculte Pierre, victime d’une fracture de la jambe, et qui semble ne rien connaître à son métier…

Et puis, il y a un quatuor de comédiens au top. En chef de famille et réalisateur, Frédéric Pierrot prouve, une fois de plus, l’étendue de sa palette. Aussi à l’aise quand il s’agit d’exprimer sa tendresse envers sa fille aînée que dans la 1scène de lecture de scénario assez tendue avec son frangin. Les filles ne sont pas en reste et Marilyne Canto peut exprimer bien des sentiments dans un regard mélancolique qui, soudain, bascule dans le rire. Quant à Sabrina Seyvecou, elle joue sobrement une comédienne en mal de rôle et ne parvient pas à convaincre son compagnon de lui confier un personnage. Au détour d’une séquence, d’autres acteurs jouent une partition dans le tempo. Ainsi Grégory Gadebois campe un kiné, lunaire à souhait.

Tout cela fait un film original où humour et gravité cohabitent avec bonheur dans un récit en apesanteur. Un petit régal. Le tout est porté par la belle musique, en forme de clin d’œil à Satie, et imaginée par Marie-Jeanne Séréro.

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