DES MONSTRES POUR RIRE… DE TERREUR

MONSTRES ACADEMY, de Dean Scanlon – 1h44

Dessin animé en 3D, vec Billy Crystal, John Goodan, Peter Sohn (et dans la version française, Eric Métayer, Jamel Debbouze, Catherine Deneuve

Sortie : mercredi 10 juillet 2013

Je vote : 3  sur 5

20511826Quezako ?

Même quand était tout petit monstre, Bob Razowski rêvait déjà de devenir une Terreur. Aujourd’hui, il est enfin en première année à la prestigieuse université Monstres Academy, où sont formées les meilleures Terreurs. Son plan de carrière est pourtant menacé par sa rencontre avec James P. Sullivan, dit Sulli, un vrai crack qui a un don naturel pour terrifier. Aveuglés par leur désir de se prouver l’un à l’autre qu’ils sont imbattables, ils finissent par se faire renvoyer de l’université. Pire encore : ils se rendent compte que s’ils veulent que les choses aient une chance de rentrer dans l’ordre, ils vont devoir travailler ensemble, et avec un petit groupe de monstres aussi bizarres que mal assortis…

Et alors ?

Pixar s’attaque au préquel -la pré-histoire- d’un de ses succès, Monstres Academy, en confiant cette fois la réalisation à Dan Scanlon (auteur du court-métrage Martin et la lumière fantôme, en 2006, basé sur l’univers de Cars) alors que Peter Docter reste uniquement au scénario. Douze ans séparant les deux dessins animés, les progrès technologiques ont connu de vraies révolutions et cet opus bénéficie de la 3D et de tous les trucs modernes. Pour la petite histoire, il a fallu, comme le dit le superviseur technique Sanjay Bakshi :  « vingt-neuf heures de gestation informatique pour une seule image de « Monstres Academy ».

Pour faire retomber ses héros en enfance, il a pu s’appuyer sur l’imagination de Ricky Nierva pour les décors et de Jason Deamer pour les personnages. Sully a ainsi perdu ses poches sous les yeux et fait une cure d’amaigrissement qui lui va, ma foi, fort bien. Il y a aussi les nouveaux venus qui donnent du ressort au récit comme Terri et Terry, deux siamois dont les envies sont toujours contradictoires ou la maman qui revient, comme un refrain, pour ponctuer le récit de moments humoristiques et décalés.  Quand à la directrice de l’université -la voix assurée en français par Catherine Deneuve- il fut trouvé in extremis sous la forme d’un mille-pattes qui vaut le détour et son look éthérée façon Coco Chanel.

20483230Au centre de l’histoire, il y a donc Bob qui permet au réalisateur de travailler sur la psychologie des personnages en les affinant. Confidences : « Malheureusement, contrairement aux créatures terrifiantes de sa classe, il n’a pas le physique de l’emploi, c’est pourquoi il est obligé de compenser par des connaissances, un courage et une personnalité hors norme (…) Quant à son acolyte Sulli, Nous nous sommes amusés à lui donner un rôle à contre-emploi. C’est une Terreur de très grand talent car il est costaud et sportif. Il a le physique de l’emploi et en est conscient. Il se la raconte un peu et frise parfois l’arrogance. »

C’est cette humanité reconstituée qui touche dans cette histoire rythmée et colorée, même si la fin tire un peu en longueur quand nos deux héros retrouvent pied dans la réalité la plus quotidienne. Après le spectacle remuant de l’épreuve de la bibliothèque où les candidats affrontent une pieuvre peu avenante, la chute paraît alors un peu terne.

A signaler avant la projection, la diffusion d’un joli court métrage de Sachka Unseld, Le Parapluie bleu où l’émotion le dispute à la poésie.

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