TU SERAS UN HOMME, de Benoit Cohen – 1h27
Avec Aurélie Cohen, Jules Sagot, Grégoire Monsaingeon, Eléonore Pourriat,
Sortie : mercredi 15 mai 2013
Je vote : 3 sur 5
Quezako ?
Léo, dix ans, est un poète solitaire qui se réfugie dans la lecture . Sa rencontre avec Théo, 20 ans, jeune adulte insouciant embauché comme baby-sitter, le pousse à sortir de sa coquille. En devenant amis malgré leur différence d’âge, tous deux vont s’aider à grandir. Mais cette amitié n’est pas au goût de tout le monde et le père de l’enfant décide d’y mettre un terme. Alors Théo entraine Léo pour une escapade au bord de la mer…
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Avec cette histoire d’amitié impossible, Benoît Cohen retrouve un thème qui lui est cher et cette enfance où tous les rêves, même les plus fous, semblent de l’ordre du possible. « Tout ce que l’adulte va avoir envie de vivre plus tard est mis en place dès son enfance », dit-il.
Au cœur du récit, il y a en toile de fond, l’accident dont Léo fut victime naguère et qui a bouleversé la vie de ses parents, le coinçant entre un père suractif et une mère déprimée qui se sent coupable. Au fil d’une aventure qui le dépasse, le père (Bruno Monsaigeon) change alors assez radicalement de comportement et devient plus humain et moins hautain qu’il n’était au début. Et le comédien de souligner : « J’ai été assez touché en découvrant le scénario par ce que traversait mon personnage, cette douleur qu’il garde au plus profond de lui, et qui finit par le rendre très dur, assez brutal, notamment dans les relations qu’il entretient avec son enfant et avec sa femme. Comme il n’y avait guère d’accroche émotionnelle pour l’éclairer, j’ai donc essayé, pour qu’il ne semble pas trop négatif, de faire ressortir sa souffrance, cette tension intérieure qui est la sienne et qui évolue tout au long du film. » Même si l’histoire n’échappe pas à certaines redites, elle suscite la curiosité jusqu’à son terme.
La réussite de ce récit d’une amitié entre l’enfant et l’adolescent tient aussi à une distribution qui fait mouche. Face à Eléonore Pourriat, parfaite dans la peau de cette mère plongée dans la dépression mais capable de retrouver le goût de la vie avec l’irruption de Théo dans la maison familiale, Aurélie Cohen se glisse de manière étonnante dans la peau de cet enfant qui a du mal à extérioriser ses sentiments. Il est vrai, tourner en famille lui a sans doute permis d’y glisser des éléments intimes comme le souligne Eléonore Pourriat qui est… sa vraie mère : « Nous travaillons toujours avec Benoît sur une base assez personnelle. Nous avons écrit, par exemple, Nos enfants chéris juste après avoir eu un enfant, notre inspiration se trouve toujours liée à notre cheminement, à ce que nous traversons au sein de notre famille, de notre couple, à nos interrogations. Cette nouvelle histoire émane de l’amitié qui s’est formée entre Aurelio et son baby-sitter, une amitié qui nous a surprise à l’origine et du coup sur laquelle nous avons eu envie de nous arrêter. Ce qui est formidable c’est qu’il y a eu une évidence dans la vie comme sur le plateau, une évidence qui s’est imposée durant toute cette aventure, une évidence dont il ressort une vérité. » Quant à Jules Sagot, il fait avec Théo une composition d’un adulte à la dégaine mélancolique qui semble avoir bien du mal à sortir de l’univers de l’enfance. Et peut tour à tour passer de l’humour à la colère, notamment dans la scène où il agresse verbalement les amis comédiens de sa compagne, venus faire une fête impromptue dans la maison.
Bref, un récit qui distille une petite musique mélancolique assez touchante sur le monde de l’enfance.
