DEUX ENFANTS DE LA LIBERTE

LDDLP_PHOTO_3LE DIABLE DANS LA PEAU, de Gilles Martinerie – 1h22

Avec Quentin Grosset, Paul François, Francis Renaud, Joséphine Derenne

Sortie : mercredi 27 mars 2013

Je vote : 3  sur 5

Quezako ?

Xavier et son frère, Jacques, vivent à la campagne dans un pays fait de gorges, de plateaux et d’étendues immenses. Une nature bienveillante qui contraste avec leur quotidien sombre et violent face à un père aux réactions imprévus. La veille des grandes vacances, ils apprennent fortuitement que la prochaine rentrée les séparera. Jacques doit partir loin, dans une école “ spécialisée ”. Un séisme pour les deux frères, l’aîné notamment…

2 raisons d’aller voir ce film ?

Un hymne à la liberté de l’enfance. A travers le destin de ces deux enfants sauvages, Gilles Martinerie signe dans son premier film le portrait de deux jeunes qui refusent -une petite forme de paranoïa- de subir la réalité. Même si les parents de son meilleur copain lui disent que quitter la ferme est mieux pour son frère, même si l’institutrice le confirme aussi, aveuglé par le douleur, Xavier fuit la réalité.  Un gamin campé par un jeune acteur dLDDLP_PHOTO_4e 15 ans qui est tout à fait étonnant dans ce rôle, pouvant aussi bien passé d’un moment contemplatif à des accès de vraies violences. Ainsi quand il se révolte violemment face à son père allant jusqu’à le menacer d’un outil…

Et si le thème du film est grave, si les jeux insouciants de l’enfance peuvent parfois conduire au drame, le récit -c’est une des qualités du film- ne tombe jamais dans la désespérance. Le cinéaste souligne : « Je voulais un film sombre mais pas asphyxié, je voulais aussi de la lumière, des respirations. « Je pense qu’il doit y avoir quelque chose de plus grand que tout ça, sinon nous ne pourrions même pas vivre » s’interroge Xavier en contemplant émerveillé le mystère du soir qui tombe. Ce « quelque chose de plus grand » c’est cet immense ciel étoilé qui représente l’espace pour le rêve, la possibilité d’un espoir infime qu’on peut ressentir à la toute fin du film. »

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Un hymne à la nature. Ayant passé toute sa jeunesse dans le Limousin, le cinéaste a naturellement planté sa caméra dans ce décor familier et filme avec un grand soin ces décors naturels qui semblent inviolés par l’homme. Tel des décors de Far-West français. Il promène une caméra sensuelle sur le moindre chemin plein d’herbes comme sur le tronc d’un arbre centenaire, comme si tous ces éléments naturels étaient l’écrin pour préserver quelques semaines encore l’univers condamné de l’enfance. « Ayant toujours envisagé la nature comme un troisième protagoniste du récit, le choix des décors a été une étape capitale pour moi. Je pense d’ailleurs avoir passé plus de temps sur les repérages que sur le casting. Du fait des problèmes de financement, le film a été plusieurs fois reporté, ce qui m’a permis de passer énormément de temps à choisir mes lieux de tournage. J’ai sillonné la France : Auvergne, Franche-Comté, Cévennes, Haute Ardèche, Vercors, Alpes de Haute Provence, Lozère, … Pendant l’écriture, je songeais plutôt à un pays de moyenne montagne, quelque chose de rêche, d’assez dur, avec des angles, des arêtes. Finalement, mon choix s’est porté sur le Limousin, le plateau de Millevaches plus précisément ; des paysages plus doux, plus ronds, plus féminins qui, en définitive, servent peut-être davantage l’histoire que n’aurait pu le faire un décor plus abrupt« dit le cinéaste qui fit ses premières armes avec des réalisateurs comme Pialat, Varda ou Assayas.

Pour ce premier opus, il réussit à ficeler une histoire émouvante mais qui échappé à un des pièges du cinéma français : la sensiblerie facile. A découvrir donc…

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