ALEX CROSS, de Rob Cohen – 1h41
Avec Tyler Perry, Matthew Fox, Edward Burns, Rachel Nichols
Sortie : mercredi 19 décembre 2012
Je vote : 3 sur 5
Quezako ?
Faisant équipe à Detroit avec son ami de jeunesse, Tommy Kane, l’inspecteur de police Alex Cross est confronté à un tueur sadique : Picasso. Celui-ci veut faire la peau d’un puissant industriel de la ville. Mais, dans cette affaire, la réalité n’est pas aussi simple que l’on croit. Les agissements de Picasso font aussi ressurgir certaines pulsions chez Cross. Une course poursuite sur fond de morts violentes commence.
Les plus ?
Retrouver un personnage assez conforme au héros de James Patterson. Il y a avait déjà eu Morgan Freeman dans Le Masque de l’Araignée, de Lee Tamahori par exemple. Cette fois, Alex Cross revient aux origines du personnage sans s’inspirer d’un roman de Patterson en particulier.Rob Cohen a voulu coller plus précisément à la dégaine du héros du polar en faisant appel à Tyler Perry dans un registre dramatique qui lui est inhabituel. Rob Cohen dit : « Beaucoup de gens ont dû être décontenancés lorsqu’ils ont appris que c’était Tyler qui reprenait le rôle après qu’il a été interprété par Morgan Freeman dans les précédents films. Tyler s’en tient habituellement à ses propres productions, mais, dans les romans de James, le personnage est un type de 40 ans grand et costaud : c’est tout Tyler. Il est plus fidèle au personnage créé par Patterson que ce qui a été précédemment fait avec Morgan Freeman. »
Tyler se glisse sans dommages dans la peau du flic même s’il avoue : ‘J’appréhendais un peu d’endosser le rôle. Le fait que Morgan Freeman l’ait interprété avant moi était vraiment très intimidant, mais c’était également galvanisant. » Aussi bien dans les scènes d’action de cette chasse à l’homme-de la course à pied aux interpellations musclés, flingue au poing- que dans les séquences familiales plus douces, Tyler est tout à fait à l’aise.
Face à lui, ayant perdu seize kilos pour le personnage, Matthew Fox campe un salaud sortant de l’ordinaire, un homme qui manipule la drogue pour le viol comme si c’était une potion magique et qui prend un malin plaisir à torturer ses victimes. Le comédien dit : « Rob est un réalisateur vraiment très cool, avec un talent incroyable. Plusieurs mois avant le début du tournage, il m’a dit que ce rôle exigerait de moi un engagement important sur le plan physique et j’étais d’accord avec lui. Je me suis dit qu’il fallait que je perde beaucoup de poids, que je fonde, afin que Picasso ait l’air de quelqu’un qui puisse avoir ces idées inquiétantes. »
Les moins ?
Rob Cohen sait parfaitement faire glisser son personnage de flic de la civilisation à une perte de son humanité, désorienté qu’il est par le comportement d’un rare sadisme de Picasso. Comme il sait parfaitement dans un premier temps donner tout un cadre familial et sentimental où évoluent les personnages pour rendre ensuite la violence plus implacable. C’est dans la dernière partie de la chasse à l’homme et le dénouement dans le Michigan Theatre, dont les décors surannés servent de cadre à un parking que le metteur en scène en fait un peu trop. Et l’affrontement final entre Alex Cross et Picasso, malgré une spectaculaire cascade, tombe un peu dans la grandiloquence et l’invraisemblance. C’est dommage car, jusque là, Rob Cohen avait tenu le spectateur en haleine.




