VIOLETA, de Andrés Wood – 1h50
Avec Francisca Gavilan, Cristian Guevedo, Thomas Durand
Sortie : mercredi 28 novembre 2012
Je vote : 4 sur 5
L’histoire ?
Violeta retrace le destin d’une femme hors du commun, ses succès et sa déchéance. De son enfance aux côtés d’un père alcoolique, en passant par son apprentissage de la guitare, son rapport brutal et déterminé à la maternité et au monde, ses engagements esthétiques et politiques, jusqu’à la fin tragique de la mère de la folk latino-américaine. Le portrait d’une artiste tourmentée et passionnée.
Ce qui touche dans ce film ?
La fidélité de la reconstitution du parcours de la femme et de l’artiste. D’une enfance très pauvre avec un père musicien et alcoolique aux voyages en Europe, via la création de son chapiteau de Centre de la culture populaire sur les hauteurs de Santiago, ce film retrace la vie de Violeta Parra qui est restée une sorte de Bob Dylan de l’Amérique latine. Icône de la culture populaire, cette femme engagée fut aussi peintre et céramiste. En 1964, alors que le Louvre lui consacrait une exposition, Le Figaro titrait : « Leonard de Vinci a fini au Louvre, Violeta Parra y débute. » Elle fut aussi une grande amoureuse et le déclin de sa liaison pour le musicologue suisse, Gilbert Favre, marqua le début d’un profond désarroi psychologique pour celle qui avait dit de façon prémonitoire : « Le jour où je n’aurai plus l’homme que j’aime à qui dédier mes chansons, je laisserai tomber ma guitare et je me laisserai mourir. » Revenant sur l’aura de sa mère, qui s’est suicidée en 1976, son fils Angel Parra, chanteur lui aussi, souligne : « Elle était très politique. Elle aurait participé de toutes ses forces mais elle aurait trouvé la gauche timorée. Toujours à demander l’autorisation à la droite pour faire des choses, comme partout dans le monde d’ailleurs. Elle voulait tout, tout de suite. Tout cela est dans ses chansons, la politique et ses sentiments. »
Avant-première – Violeta par festivalpariscinema
Le jeu de Francisca Gavilan. Loin de la copie par lourd maquillage interposé, façon Marion Cotillard dans Piaf qui conduit parfois à la caricature, cette actrice venue du théâtre fait une composition surprenante, presque habitée de l’intérieur, de Violeta Parra. Elle ne la joue pas, elle l’est ! Dans ses moments d’abattement comme dans ceux où elle affronte les dures réalités de la vie, Francisca Gavilan porte avec flamme les convictions de l’artiste. Angel Parra raconte ainsi le choix pour cette actrice superbe : « Il y avait quatre ou cinq candidates et lorsque Francisca a commencé à jouer ma mère, j’ai tout de suite su que c’était elle. J’en avais les larmes aux yeux, Andrès l’a vu et a compris. »
Il faut vraiment découvrir ce biopic sur la vie d’une artiste que les plus grands ont repris, depuis sa mort, sur scène : de Joan Baez à Shakira en passant par U2, Buena Vista Social Club… D’autant plus que la mise en scène et la photographie sont absolument splendides.
