Sylvie Testud en Tchad inconnue

RENDEZ-VOUS EN TERRE INCONNUE
Présenté par Frédéric Lopez

Avec Sylvie Testud chez les Gorane

Diffusion : France 2, mardi 2 octobre 2012, 20h35

Mon avis : 2 sur 4

Sylvie Testud suit Frédéric Lopez au cœur du désert tchadien chez les Gorane. Au final, cette plongée en terre lointaine n’est pas vraiment palpitante.

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Depuis plus de huit ans, Rendez-vous en terre inconnue immerge des personnalités dans des pays lointains, confrontés à des peuples méconnus ou (et)isolés.  Avec un but : faire naître un choc de culture porteur de sens. La formule a fonctionné avec des artistes comme Zabou Breitman ou Muriel Robin en Namibie. Pour cette nouvelle aventure, c’est Sylvie Testud qui débarque avec Frédéric Lopez chez les Gorane, un peuple qui vit dans le désert du Tchad. Un séjour éprouvant dans un pays aux fortes amplitudes thermiques : la nuit peut-être fraiche quand le thermomètre monte à 40 ° le jour !
Sylvie Testud est plutôt ravie de la surprise, elle qui rêvait de désert après avoir pas mal bourlingué pour le plaisir. De ces errances personnelles,  elle tire une certaine philosophie du partir et dit : « A force de voyager, j’ai appris que pour qu’une rencontre entre deux inconnus soit authentique, il faut que chacun fasse un bout du chemin vers l’autre. Il faut un échange, un dialogue. Pas question de faire le chemin tout seul, au risque de ne plus être soi-même. J’ai eu cette chance-là avec les Gorane. Et notamment avec Kaltouma. Notre complicité a surpris et fasciné tout le monde, nous en premier. Nous avons exactement le même caractère. C’était incroyable, et à la fois très bizarre, de réaliser chaque jour combien cette femme du bout du monde pouvait me ressembler. L’humanité à des racines communes… »

Pour autant, on ne découvre pas un visage étonnant d’une actrice qui, à l’écran a tout joué, pris bien des risques et prouvé qu’elle avait un sacré tempérament. De Stupeur et tremblements,  qui lui valut le César de la meilleure actrice en 2004 à Lucky Luke, c’est un vrai grand écart. Là, passé le cap des images -splendides- de désert, de découverte d’un peuple ouvert et la morale intransigeante – Barkaï et Kaltouma forment un couple étonnant- on reste un peu sur sa faim, noyé dans une musique envahissante et des propos assez banals.

Comme si, face à la beauté d’un paysage, il fallait parler systématiquement pour dire ses émotions. Malgré quelques beaux moments comme celui où Kaltouma initie la comédienne aux rites de beauté chez les Gorane, on a un peu le sentiment d’être des intrus dans ce monde. Un sentiment renforcé par une mise en scène où l’arrivée prend du temps et le départ se fait, à belle allure, dans un 4X4. Symboliquement, après une leçon de sagesse chez un peuple éloigné de notre monde, il faudrait revenir assez vite à la civilisation. Peut-être ce Rendez-vous en terre inconnue a t-il atteint là ces limites et faut-il passer à autre chose ?

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