CHERCHEZ HORTENSE, de Pascal Bonitzer – 1h40
Avec Jean-Pierre Bacri, Kristin Scott Thomas, Isabelle Carré
Sortie : mercredi 5 septembre 2012
Je vote : 3 sur 5
Quezako ? Professeur de civilisation chinoise, Damien vit avec Iva, une metteur en scène de théâtre, et leur fils Noé. Leur histoire d’amour vire à la routine. Pour éviter à une certaine Zorica d’être expulsée, Iva demande un jour à Damien de faire intervenir son père, conseiller d’État. Mais il entretient avec ce paternel lointain des relations compliquées. Et voilà Damien dans une spirale qui bouleverse son existence…
Et alors ?
Pascal Bonitzer sait utiliser l’humour pour dire des choses plus profondes qu’il n’y paraît. La preuve avec cette histoire qui évoque aussi bien le sort des clandestins que les relations enfant-parents, les tensions amoureuses, l’engagement… Il explique : « Le ton de la comédie m’est plus naturel, tout simplement. J’ai besoin d’une certaine légèreté, même pour parler de choses graves… »En multipliant les points de vue au gré des interventions de ses personnages, le réalisateur signe un récit savoureux et rythmé qui conduit le spectateur de situation en situation sans perte de temps. Un ton souligné par la musique bien inspirée d’Alexei Agui qui confère une grande légèreté au propos même quand il est plus grave.

Un récit qui est aussi porté par des comédiens absolument extras. En père distant et un brin hautain, Claude Rich est tout simplement parfait. Tout comme Isabelle Carré qui fait avec le personnage d’Aurore une composition de clandestine d’autant plus saisissante qu’elle ne correspond pas au type classiquement présenté par les médias. Bonitzer souligne : « Je voulais dire à travers elle que les minorités ne sont pas forcément

visibles, pour utiliser un terme qui récemment a été sur-employé. Il y a aussi des minorités invisibles, dont la hantise est de devenir visibles, et dès lors accusées. »
Et puis, il y a la présence d’un Jean-Pierre Bacri dans un de ses meilleurs rôles. Il campe un personnage profondément sombre mais qui peut aussi se jouer d’une vraie drôlerie. Et, pour un expert du langage, il a bien du mal à trouver les mots simples dans la vie, ainsi dans ce qui restera une réplique culte du film quand il raconte à Aurore (Isabelle Carré) : « Quelqu’un va peut être avoir un problème parce que je n’ai pas parlé à quelqu’un de quelque chose dont j’aurais dû lui parler et maintenant je dois le dire à quelqu’un et je ne sais pas comment… »
Au fil des aventures de cette famille pas banale, Bacri fait un petit festival de comédie à lui tout seul. Rien que la séquence où Damien s’interroge sur ce qu’il a fait de sa nuit alors qu’il se réveille au côté d’un très beau Japonais mérite un arrêt sur image.
