LA VILLE, LES FLICS, LA VIOLENCE

ACAB (ALL COPS ARE BASTARDS) de Stefano Sollima – 2h12

Avec Pierfrancesco Favino, Filippo Nigro, Marco Giallini, Andrea Sartoretti et Domenico Diele

Sortie : mercredi 18 juillet 2012

Je vote: 3 sur 5

Quezako ?

Utilisé par les skinheads anglais dans les années 70, l’acronyme « A.C.A.B » est devenu l’hymne de certaines rues et autres stades, propices à des guérillas urbaines. Dans l’Italie urbaine, on suit le parcours de trois CRS  souvent victimes d’une violence quotidienne et qui  veulent rétablir l’ordre par tous les moyens. Tiré de faits réels, ce film plonge le spectateur au cœur des luttes urbaines qui ont marqué l’Italie et où un opposant au G8 de Gênes est mort en 2001 et celui d’un supporter de foot a été tué par un policier en 2007.
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Et alors ?

C’est le genre de film que l’on prend en plein visage. Il est vrai, cette description de la haine quotidienne de la ville moderne ne fait pas dans la dentelles. Flics pourris, jeunes gagnés par le néo-fascisme, paumés du monde entier, clandestins expulsés… Stefano Sollima accumule les séquences fortes, dans un montage sec, nerveux qui rend la violence encore plus palpable.

Stefano Sollima souligne : « C’est un film policier, donc, de genre, mais surtout un récit d’amitié, de fraternité, de recherche, de sécurité et d’ordre, dont l’action se situe dans un pays de plus en plus habité par la haine, de plus en plus radicalisé dans ses positions. Un film à la trame certes déconcertante, mais de laquelle il ne faut pas détourner le regard. »

C’est là une des forces de cette histoire, qui peut provoquer aussi de la gêne : montrer que ces flics n’ont plus que la fraternité pour survivre, tant la vie les a cassés. Divorcé, père d’un gamin qui bascule vers les groupuscules ultra-violents… tous ces CRS sont brisés par l’existence. Et le seul qui connaît  sinon une rédemption, du moins peut se regarder dans un miroir, c’est le jeune flic qui dénonce ses copains !

L’opus a d’autant plus de force que le casting est solide. Un comédien comme Pierfrancesco Favino, qui joue Cobra, sans doute le CRS le plus « borderline », est d’une rare expressivité. On l’avait déjà vu et repéré dans un autre polar social : Romanzo Criminale, en 2005.

Alternant à un rythme soutenu séquences intimistes et moments très spectaculaires -quand il ne les marie pas comme dans la séquence du squat des militants d’extrême droite  où Mazinga ( Marco Giallini) cherche à récupérer son rejeton- Stefano Sollima nous cueille d’un crochet en plein visage. C’est dur mais ça fait travailler les neurones… Et puis, cela dit beaucoup sur l’état de la démocratie en Europe.

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