UNE COURSE POUR LA VIE DANS TEHERAN

LES ENFANTS DE BELLE VILLE, d’Asghar Farhadi – 1h41

avec Hossein Farzi Zadeh, Taraneh Alidousti

Sortie : mercredi 11 juillet 2012

Je vote : 4 sur 5

Quezako ? Dans une prison pour mineurs de Téhéran, Akbar vient d’avoir 18 ans, mais il est condamné à mort :  la sentence peut alors être décidée à tout moment.  Alors qu’il attend son exécution, son meilleur ami et sa sœur font tout pour obtenir le pardon du père de sa victime, seul moyen  pour Akbar, selon la loi coranique en vigueur,  de sauver sa tête…

Et alors ? C’est le deuxième long métrage d’Asghar Faradhi, tourné en 2004. Un cinéaste reconnu dans le monde entier en 2011 avec la sortie de La Séparation, primés à plusieurs reprises de Berlin à Hollywood. D’emblée, on est frappé par la force de ce film où s’affirme déjà la griffe du cinéaste. Loin d’assener des vérités, il multiplie les questions sur la société iranienne, les relations humaines en présence pour forcer à la réflexion. Et ce, en auscultant au plus près des âmes de personnages en proie au chagrin, à la peur, au désir de vengeance.  Le tout avec, en toile de fond, une subtile histoire d’amour impossible. C’est ce qui donne toute la force à ce scénario qui évoque une tradition de la société iranienne : le prix du sang.

Il explique : « Le prix du sang est un principe très complexe du système juridique iranien. Concrètement, et de manière assez simpliste, il s’agit d’une sorte de dédommagement que l’auteur d’un crime peut payer à la famille de sa victime afin de se libérer de sa peine. Mais le prix du sang n’a jamais été le sujet principal des ‘Enfants de belle ville ». Il ne s’agissait pas pour moi de condamner cette pratique, mais de m’interroger à son propos. »

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Loin de tout regard simpliste, le cinéaste nous plonge au cœur de la société de Téhéran avec ces petites gens qui tentent de survive malgré tout. L’un veut sauver un ami; l’autre faire opérer sa fille handicapée quand une jeune mère tente d’oublier un mariage convenue en rêvant de liberté. Jouant sur les symboles -le bleu éclatant d’une vieille porte comme signe d’un espoir malgré tout- il laisse le spectateur libre de ses réactions, tout en signifiant bien des choses à petites touches. Ce n’est là par le moindre mérite de cette histoire bouleversante… Et qui surprend aussi par la maturité du jeu des deux principaux comédiens, parfaits de bout en bout.

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