
JE FAIS FEU DE TOUT BOIS, de Dante Desarthe – 1h38
avec Dante Desarthe, Valérie Niddam, Michel Ferry, Serge Saada
Sortie : mercredi 30 mai 2012
Je vote : 3 sur 5
Quezako ?
Comme d’habitude lors du Festival de Cannes, Daniel Danite cherche une idée de sauver le 7ème art. Cette fois, il rêve que chaque cinéaste se choisisse un frère. Ainsi, cela fera deux fois moins de films à tourner et cela dopera le marché! Abandonnant femme et enfants, il va plus loin et rêve même de triplés cinéastes et de devenir ainsi le troisième frère Cœn. Le début de tribulations qui le conduisent des contreforts de la Sainte-Victoire, chère à Cézanne, à New-York, en passant par une improbable formation de cinéma pour chômeurs…
Et alors ?
Avec ce film inclassable, Dante Desarthe propose une mise en abime réjouissante en brouillant les pistes à loisir. Daniel Desarthe note : « C’est moi qui joue le rôle de Daniel, mais Daniel, ce n’est pas moi. Ou alors au sens de Flaubert, quand il dit : « Madame Bovary, c’est moi. » Disons qu’il est mon avatar décalé ». Il fait de ce héros ordinaire un personnage qui vit hors du réel, pour et par le cinéma et abandonne même femme et enfants pour sacrifier à ces rêves créatifs.
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Je ferais n’importe quoi pour la France, extrait de Je fais feu de tout bois

Derrière l’apparence décousue d’une histoire qui part dans tous les sens et nous conduit de Paris à New-York, via la Sainte-Victoire et un improbable musée consacrée au 7ème art et aux frères Cœn, le réalisateur multiplie les pistes de réflexion sur les relations entre la vie et l’art. Le tout sans se départir d’un humour au troisième degré qui ménage quelques bons moments comiques, comme ces leçons de cinéma aussi sérieuses que ratés. Nourrissant ses dialogues de bons mots, Dante Desarthe nous offre enfin une galerie de personnages décalés, poétiques : la patronne du bowling ou l’attaché culturel à côté de ses pompes, joliment campé par Serge Saada. « Ce sont mes complices et mes inspirateurs », dit le réalisateur qui sait bien s’entourer pour nous inviter à un cinéma qui sort des sentiers battus. Un parti-pris qui peut dérouter mais pas laisser indifférent…
