L’AMOUR FOU D’UNE SŒUR FACE A LA RESISTANCE

ICI-BAS, de Jean-Pierre Denis – 1h40

avec Céline Sallette, Eric Caravaca

Mercredi 18 janvier 2012

Je vote : 3 sur 5

Quezako ? Nous sommes fin 1943 sous l’occupation à Périgueux. Sœur dévouée à ses malades de l’hôpital, Luce voit soudain sa vie bouleversée par la rencontre avec un aumônier, Martial, passé dans les rangs du maquis. La voilà soudain tiraillée entre son amour pour le Christ et celui d’un homme. Se heurtant à la réalité, bouleversée, sœur Luce décide de dénoncer le maquis. Arrêtée par les Résistants, elle aura le choix : finir sa vie dans un couvent en Espagne ou être fusillée pour trahison.

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Et alors ? Jean-Pierre Denis aime les films qui sortent de l’ordinaire. Après Histoire d’Adrien, Champ d’honneur et Les Blessures Assassines, il ré-ouvre ici une page oubliée des heures tragiques de la Résistance. Il le fait avec un tact infini, une description psychologique subtile des tourments des deux principaux protagonistes. Il raconte : « Sœur Luce est dans la ligne de l’héroïne racinienne en ce que chez elle l’amour est une force irrésistible incontrôlable, mais le glissement de l’amour sacré à l’amour profane ici la singularise. Ce qui est également racinien chez elle, c’est l’amour qui devient souffrance et qui peut amener l’héroïne jusqu’à provoquer la destruction de l’être aimé. »

Pour camper les deux « héros » de la tragédie, le réalisateur a eu la main heureuse. Céline Sallette est  bouleversante dans le rôle de cette religieuse victime d’un amour fou. Sur son visage, passent tous les tourments intérieurs du feu qui dévore son âme sans que jamais, elle ne cède à la caricature.  Elle dit : « Sœur Luce est quelqu’un de très entier. Qu’elle aime Dieu ou un homme, elle ne fait pas les choses à moitié ! »

Un aumonier engagé avec la Résistance (Nelly Antignac et Eric Caracavaca

Face à elle, Eric Caravaca exprime finesse le déchirement d’un homme de Dieu, victime d’une passion soudaine, alors même que le fait de donner la mort avec les Résistants bouleverse ses convictions profondes. « La guerre fait naître des pulsions troublantes. La mort rôde, mais aussi une énergie… Une pulsion de vie. Les barrières tombent, on est obligé d’aller vite… » raconte t-il.

En ouvrant cette page oubliée d’histoire, Jean-Pierre Denis signe un film à la facture classique mais d’une grande force. Un opus qui ne peut laisser indifférent.

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