LA COMEDIE DES VIEUX AMIS

ET SI ON VIVAIT TOUS ENSEMBLE ? , de Stéphane Robelin – 1h36

Avec Guy Bedos,Géraldine Chaplin, Jane Fonda, Claude Rich et Pierre Richard

Sortie : mercredi 18 janvier 2012

Un dîner au cadre surréaliste pour les vieux copains

Je vote : 3 sur 5

L’histoire ?

Liés par une amitié de plus de quarante ans, Annie, Jean, Claude, Albert et Jeanne décident un jour, quand la maison de retraite pointe le bout de son nez, de vivre tous ensemble dans la maison de Jean et Annie. Une aventure qui résistera t-elle au temps qui passe ?

J’aime

Le scénario même. A une époque où on ne parle pas des « vieux », où la perspective de la fin de vie est passée sous silence, où l’on ne parle plus de la mort, le deuxième film de Stéphane Robelin ose aborder le sujet mais, sous l’angle d’une comédie douce-amère. Ses personnages sont, malgré la maladie, les pertes de mémoire, bien vivants et comptent vivre pour le mieux jusqu’au bout.

La distribution aux petits oignons. De Bedos à Claude Rich, parfait en vieil homme toujours amateur de sexe, en passant par Géraldine Chaplin, le réalisateur a fait le bon choix. Avec, cerise sur le gâteau, la présence d’une Jane Fonda qui se joue de son image de sex symbol, ose incarner une femme touchée par une longue maladie et évoque ouvertement la sexualité du troisième âge. Stéphane Robelin a réussi là un joli coup en embarquant cette tribu dans l’aventure. Il raconte : « Le scénario les séduisait tous mais allaient-ils accepter d’être confrontés, quel que soit leur statut et leur notoriété, à leur propre rapport à l’âge ? Les réactions ont été très diverses. Avec beaucoup de panache, d’élégance, les femmes ont tout de suite compris de quoi il s’agissait, m’accordant une extraordinaire confiance dans le traitement de leur image. Claude Rich, à condition que cela soit pointu, pertinent, drôle, acceptait parfaitement toutes les altérations de son personnage. Pierre Richard et Guy Bedos l’ont abordé différemment semblant vouloir éloigner les aspects pénibles du sujet, comme si c’était l’histoire d’une bande de copains et que, parmi d’autres éléments, voilà, il se trouvait qu’ils étaient vieux. »

Un couple épatant (Pierre Richard et Jane Fonda)

Le ton. Même si le film aborde de front la question de la décrépitude et de la mort, il le fait avec une distance, un humour (loin de toute gaudriole) qui fait passer tout le propos. En photographe érotomane, Claude Rich réussit à camper un vieil homme parfaitement crédible et digne. Toute l’humanité du personnage transparaissant dans un simple sourire qui éclaire son visage, un regard porté sur une femme qui vend ses charmes. Ce ton de fable emporte bien des réticences. Quant à la chute du film, elle permet de finir vraiment l’histoire tout en dégageant un optimisme étonnant.

J’aime moins

Le réalisateur le dit tout de go : « La mise en scène est très classique, c’est un film d’acteurs. »En dehors de la séquence, sortant de l’ordinaire, de la piscine un brin surréaliste, ou celle avec le vendeur de pompes funèbres où l’humour noir n’est pas très loin, le spectateur suit une histoire construite pour et autour les comédiens. Un peu plus d’audace n’aurait nullement nuit au scénario.

Une folle course face au temps qui passe

SI, de façon évidente, le film tire du côté de l’univers d’un Yves Robert, cela date forcément son style. En développant plus le personnage du jeune universitaire campé par Daniel Brühl, il y avait sans doute d’autres pistes pour faire plus original. Bref, j’aurais  aimé un peu plus de folie dans le découpage d’un scénario, ambitieux et original.

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