FAMILLE JUIVE, JE VOUS AIME ?

LET MY PEOPLE GO !, de Mikael Buch -1h28

Avec Nicolas Maury, Carmen Maura, Jean-François Stévenin, Amira Casar, Clément Sibony

Mercredi 28 décembre 2011

Je vote : 2 sur 5

Quezako ? Exilé par amour en Finlande où il exerce le métier de postier et vit en couple avec son ami, Ruben, juif non pratiquant et homosexuel, doit partir en coup de vent, suite à un incident grave. A son retour à Paris, il y retrouve une famille aimante mais , tiraillée par les aléas de la vie. Il hésite alors entre suivre son cœur ou sa famille juive…

Même en Filande, être postier réserve bien des surprises à Ruben (Nicolas Maury)

Et alors ? Pour son premier long-métrage, dont il a écrit le scénario avec Christophe Honoré, Mikael Buch a choisi l’originalité d’une situation. Elle est renforcée par le choix d’une action qui nous conduit de la Finlande -un pays lointain où un Français pense qu’il peut faire table rase de son passé- et la France. Un contraste entre un pays, filmé dans un décor de maison de poupée avec la campagne profonde à perte de vue,  et la France bruyante de Paris où l’horizon familial est clôt entre la teinturerie familiale et l’appartement où le clan tente de se ressouder. On est un peu dans le ton de la comédie musicale, une influence reconnue par le cinéaste. « La personne que l’on aime vous offre un monde idéal dans lequel vous avez envie d’habiter. C’est très fort dans les comédies musicales, cette capacité que le cinéma a de construire un monde de pur bonheur qui reste par définition éphémère et fragile, ce qui fait d’ailleurs sa force. »

Carmen Maura, mère de pub

Sa fable en forme de célébration de la tolérance a un charme certain même si, en explorant plusieurs pistes, en jouant de tous les tons, Mikael Buch brouille -trop- les pistes. Entre moments de purs délires -la parodie de publicité, la scène de commissariat, la prestation déjantée d’un Jean-Luc Bideau, avocat et homosexuel dragueur- et séquences plus psychologiques qui me manquent pas de finesse -notamment avec la figure centrale de la mère, campé par Carmen Maura, hilarante dans la parodie de pub- le film se perd un peu. Mais, il a un charme indéniable qui rend curieux  de découvrir ce que fera, demain, ce cinéaste à l’univers si particulier. Dommage qu’il n’ait pas exploité plus à fond des moments vraiment décalés du film, ce qui casse, au final, le rythme de la narration.

Une famille qui cherche à ressouder les liens (Amira Casar, Clément Sibony et Jean-François Stévenin


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