KATRINA, de Spike Lee
Orange Ciné Novo, les samedis 13 et 24 août 2011, à 20h40
Mon avis : 3 sur 4

Avec un tournage étalé sur un an, le cinéaste Spike Lee a réalisé un documentaire sur l’ouragan Katrina et le scandale de la mauvaise gestion politique de ce sinistre. Un doc et des témoignages implacables.
Les images sont fortes, parfois insoutenables et les confessions émouvantes, énervées…. De l’anonyme à Sean Penn qui passa des heures à se battre aux côtés des sauveteurs pour sauver des vies, venir en aide par tous les moyens. Dans Katrina, Spike Lee revient sur les heures qui ont précédé, en ce mois d’août 2005, la catastrophe . Il décrit l’ampleur du désastre et montre comment, deux ans après, les promesses faites ont loin d’avoir été tenues. Et, au final, le cinéaste signe un réquisitoire implacable contre Bush et son administration, montré du doigt pour n’avoir pas assez secouru une population sans doute trop pauvre pour être, électoralement, rentable. Près de 1500 tués, des milliers de blessés et un million de réfugiés dont la plupart ne rentrera jamais chez elle : ce doc est une sorte de requiem, très bien construit et documenté, sur une ville fantôme qui a peu de chance de se remettre un jour d’un tel cataclysme.

Réputé pour son franc parler, Spike Lee ne déroge pas à sa règle de conduite quand il dit : « Ce qui s’est passé ici est un acte criminel. » Neuf séjours lui ont été nécessaire pour recueillir les témoignages à plus d’une centaine d’habitants des zones pauvres inondées. On mesure le traumatisme à chaque témoignage. Ainsi quand, un habitant d’une zone proche des digues raconte comment il a dit à sa femme avant de partir : « Regarde bien le quartier. Si la digue saute, il ne nous restera plus que des souvenirs. » Il ne se doutait pas alors comment il était dans le vrai. Ainsi, selon l’institut de recherche américain Earth Policy Institute, les victimes de Katrina sont les premiers « réfugiés climatiques » au monde. Spike Lee a eu l’immense mérite de ne pas les laisser sombrer dans l’oubli. Et de leur tendre au micro dans ce doc en quatre actes, pour que, jamais, le traumatisme de Katrina ne sombre dans l’oubli.
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« Le gouvernement était parfaitement informé qu’une catastrophe se préparait et que les digues, jugées depuis longtemps défectueuses, risquaient de s’effondrer. Si Bush n’a pas réagi comme il aurait dû, c’est parce que, dans son esprit, les principales victimes de la tragédie étaient des gens de peu sur le plan social et, bien entendu, racial. Des Noirs, des latinos, dont il se désintéressait totalement. » Tel est le témoignage de l’acteur Harry Belafonte (cité par Télé Obs).

