Chroniques de disparitions…

Avec le parti-pris de tourner en fin de journée, ce qui confère à l’ensemble une vision plutôt mélancolique, les réalisateurs distillent insidieusement une atmosphère de fin du monde, un climat d’une « guerre » possible à venir. Et même si la soirée avec les deux démineurs se terminent de manière sensuelle, leur présence renforce ce climat pesant.

Pour autant, en multipliant les histoires personnelles, en mélangeant les genres – de l’atmosphère à la Rohmer on passe soudain à un instant d’une rare violence avec une mutilation (assez peu vraisemblable au demeurant avec de telles mines) – le film n’échappe pas à une certaine théâtralité et à un réalisme qui, finalement, apparaît peu « réel ». Et, au terme de ces errances, le personnage campé par Agathe Bonitzer, qui semble en permanence spectatrice de sa propre vie et de ce qui l’entoure, finit par perdre son monde. Et l’histoire s’étirant mollement finit par distiller un certain ennui.  

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