Un passé pas si simple…

CINÉMA : MERCREDI 8 AVRIL 2026

ROMERIA, de Carla Simón – 1h55

Comédie dramatique avec Llucia Garcia, Mitch, Tristán Ulloa

Score : 3/5

Le scénario

Afin d’obtenir un document d’état civil pour ses études supérieures, Marina, adoptée depuis l’enfance, doit renouer avec une partie de sa véritable famille. Guidée par le journal intime de sa mère qui ne l’a jamais quittée, elle se rend sur la côte atlantique et rencontre tout un pan de sa famille paternelle qu’elle ne connait pas. L’arrivée de Marina va faire ressurgir le passé. En ravivant le souvenir de ses parents, elle va découvrir les secrets de cette famille, les non-dits et les hontes…

Mon avis –

S’inspirant de sa propre vie – orpheline de mère et père, Carla Simón a dû reprendre contact avec ses grands-parents à l’âge de dix-huit ans afin de récupérer le certificat de décès de ses parents, nécessaire à son entrée à l’université – la cinéaste catalane explore une fois encore le thème de la famille et des blessures intimes à travers le retour à Vigo, cette ville tournée vers l’Atlantique au nord du Portugal, de la jeune Marina.

La banale demande d’un certificat de paternité la conduit à renouer avec une famille devenue très lointaine et, malgré l’accueil chaleureux de ses oncles, tantes et cousins, sa venue va ranimer de vieilles blessures et montrer comment les parents ont isolé son père, un toxicomane malade.

Le titre du film renvoie à un terme qui a un sens double : le mot « romeria » envoie à un pèlerinage vers une chapelle ou un sanctuaire, mais il peut aussi avoir une connotation moins religieuse et évoquer une fête populaire.

Évoquant bien à travers la relation passionnelle de ses parents la dépendance à la drogue et l’irruption du sida, dans un pays en plus, notamment dans cette région, marqué par un grand puritanisme et les enseignements religieux, Carla Simon décrit bien comment les grands-parents, de grands bourgeois autoritaires, ont voulu préserver les apparences. Et l’enveloppe bien garnie que donne l’aïeul à Marina en dit long sur la manière dont certains pensent que l’argent peut tout acheter, tant que les convenances sont sauvées.

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