Une situation que l’on retrouve dans le film où Derva doit, pour obtenir un rôle rémunérateur dans une série à succès, effacer tous ces messages politiques sur les réseaux sociaux. Son mari, en revanche, refuse de se plieur au diktat du régime, quitte à en payer le prix fort et à devoir survivre en devenant taxi de nuit.
Extrêmement bien joué, le film tire sa force de la description de cette famille turque dont les membres s’opposent parfois pour des questions politiques. Et il y a aussi, en toile de fond, la question de l’éducation de la fille adolescente de ce couple d’artistes d’avant-garde dont le mari montre parfois les limites de sa tolérance et de la liberté laissée aux filles.
Servi par la photographie très subtile de Judith Kaufmann, le film recrée de manière étonnante une autre Turquie en étant tourné en Allemagne et l’on mesure qu’entre le ferry à Hambourg et celui du Bosphore, il y a de surprenantes similitudes.
