Ce drame évoque aussi la lâcheté masculine avec la relation entre Mehdi et Selma qui, comme l’héroïne de Sofia, doit affronter une maternité non désirée dans un pays où avorter relève d’un parcours clandestin et dangereux. À travers des personnages secondaires comme celui de Stacy, la riche Américaine qui entretient un jeune éphèbe et fait des fêtes ostentatoires dans la kasbah, le film montre bien aussi comment ce petit monde de riches entretient aussi un tourisme sexuel.
Comme dans son film précédent, les histoires d’amour finissent mal et, derrière le décor de cinéma d’une ville restaurée en grande partie par les fonds étrangers, derrière un univers solaire, la réalité est nettement plus cruelle et le racisme ordinaire existe bel et bien. C’est par ces différentes pistes de lecture que le film de Meryem Benm’Barek nous touche et soulève bien des questions. Sur le plan du casting, il n’y a pas de fausses notes et Sara Giraudeau signe une composition très fine dans le personnage de Marie dont l’amour sincère et fort finit par se heurter au mur des convenances. Quant à Driss Ramdi et Nadia Kounda, ils symbolisent bien toutes les contradictions du Maroc qui reste marqué par le protectorat français. Un pays encore marqué du sceau de la tradition patriarcale.
Un film d’un réalisme âpre et qui témoigne d’une violence sociale au jour le jour.
