Portée par une mise en scène ciselée, et une utilisation subtile du noir et blanc – les séquences chez le photographe sont un bel hommage aux pionniers de la technique – la cinéaste ne signe pas un film militant, mais plutôt un récit poétique pour tenter de donner un aperçu de l’existence d’un arbre. Ce qui permet, à travers les enregistrements numériques avec toute une technologie de pointe du docteur Tony Wong (Tony Leung Chiu-Wai dont le jeu épuré est parfait) d’offrir des images animées en forme de tableau moderne. Pour toute cette partie, Ildikó Enyedi a nourri son scénario de deux ouvrages signés Alison Gopnik, professeure de psychologie et de philosophie à l’Université de Berkeley (Californie) : The Scientist in the Crib et The Philosophical Baby.
S’il faut parfois s’accrocher pour suivre les histoires croisées, ces trois tranches de vie ont une ambition : inciter le spectateur à « regarder autrement » le monde qui l’entoure.
