Même s’il prend parfois son temps, ce documentaire montre bien comment le pouvoir local et les propriétaires tentent de museler toute tentative des populations autochtones, descendants des Indiens, pour faire respecter les terres ancestrales et les sauver des prédateurs fonciers. Et l’arrogance des trois prévenus, suspectés du meurtre, en dit long sur l’impunité dont certains anciens policiers ou fonctionnaires jouissent dans ces terres au racisme rampant.
Par la confrontation entre le passé des membres de la communauté Chuschagasta et l’époque moderne, Lucrecia Martel montre précisément comment tout un passé du pays est nié et une population mise de coté au nom du centralisme né de la colonisation espagnole et qui vise à réduire toutes les revendications légitimes des premiers habitants du lieu.
Si le film n’évite pas quelques longueurs, la réalisatrice parvient, notamment par l’utilisation d’un drone, de donner à voir cette région déserte et reculée. Dans un tel cadre, elle fait partager les craintes de cette communauté qui, même si elle peut gagner un procès, n’est pas au bout de ses peines et voit les coupables échapper à un juste châtiment. Un doc qui a une résonance particulière avec le pouvoir désormais entre les mains d’un Javier Milei en Argentine.
