D’où l’importance du jeu des acteurs – d’autant plus étonnants que celui qui incarne Circo n’est pas un professionnel – pour faire passer les émotions. Et d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux de souligner : « J’ai utilisé les regards, les postures, les déplacements des personnages pour exprimer les troubles, les sensations. Ciro et son père ont des trajectoires en opposition, non linéaires, comme le déplacement d’un serpent. »
En parallèle, le cinéaste joue sur l’originalité dans un récit d’un grand naturalisme en y introduisant la légende de cette couleuvre noire, qui est le fruit de son imagination. De fait, le nom de Tatacoa signifie « couleuvre noire », même si les changements climatiques ont éradiqué ces serpents de ce désert, un reptile qui peut symboliser une espèce de « gardienne du lieu ». Si l’utilisation de ces couleuvres au fil du récit apporte une touche presque onirique, la séquence dans la grotte est un peu décevante car son incarnation physique fait un peu grand guignol et n’apporte pas un vrai « plus » à cette histoire étrange et qui dégage un mystère certain.
