CINÉMA : MERCREDI 18 MARS 2026

LES RAYONS ET LES OMBRES, de Xavier Giannoli – 3h15
Drame historique avec Jean Dujardin, Nastya Golubeva, August Diehl
Score : 2/5
Le scénario
Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’histoire vraie de Jean et Corinne Luchaire, un père et sa fille pris dans l’engrenage de la collaboration.
Mon avis –
Xavier Giannoli est un metteur en scène que l’on ne présente plus et qui a, à son actif, quelques belles réussites – Marguerite ou encore Les Illusions perdues – et l’on connaît sa griffe quand il s’attaque au film d’époque. En retraçant la vie de Jean Luchaire, pacifiste de l’entre-Deux-Guerres, ami du futur ambassadeur du Reich à Paris, Otto Abetz, lui-aussi fervent partisan de la paix, il signe une réalisation toujours soignée où l’on sent le moindre détail pensé avec des séquences chorales fortes qui restituent bien le climat de Paris sous l’Occupation où toute une partie de la population vit comme si l’existence était « normale ». En fait, pour Luchaire et sa fille, « l’anormal » serait surtout cette tuberculose dont ils sont atteints tous les deux. Car, Jean Luchaire va assez vite trouver le ton pour vivre sous le joug allemand en dirigeant avec Les Nouveaux Temps, qu’il fonda en 1940, un journal « aux ordres » des occupants (certains journalistes ont choisi de quitter la rédaction, non sans un certain courage, certains le feront au prix de leur vie). Il fera partie, comme sa fille, de ceux qui, à la Libération, ont fui à Sigmaringen, capitale de la collaboration au cœur de l’Allemagne en déroute où une poignée d’intellectuels entoureront les derniers politiques du régime de Vichy.
Si, cinématographiquement, l’opus est efficace – malgré quelques longueurs notamment dans les séquences « festives » – ce film au titre emprunté à Victor Hugo peut mettre très mal à l’aise. De fait, faire d’un salaud un « héros » -qui semble dépassé par les évènements qu’il traverse avec sa fille, comme « excusés » de leur parcours par la maladie – est tout sauf neutre. Surtout dans le climat politique actuel où l’on a tendance à réécrire l’Histoire et ses zones grises.
