Ce qui est intéressant dans la construction des personnages voulue par la cinéaste, c’est qu’ils ne sont pas d’une seule pièce, lisses, voire caricaturaux. Ainsi, petit détail prosaïque mais qui reste comme un film directeur dans l’histoire, le personnage campé impeccablement par Samuel Kircher a une odeur des pieds assez fortes, ce qui le rend indéniablement plus fragile, car soumis aux moqueries quotidiennes des autres gars de la bande.
Film de la fin d’une amitié, mais aussi de la sortie d’une jeunesse insouciante, La Danse des renards surprend aussi par des séquences non dénuées de poésie et inattendues comme celle où les jeunes nourrissent les renards pour les observer – qui conduira à cette battue, un moment fort du film où le monde des adultes est montré comme celui de la destruction – ou celle de la trompette sur le toit avec la jeune Yasmine, seule fille de l’histoire et dotée d’une plus grande maturité. « Je voulais créer une figure féminine qui s’intègre à cet environnement sportif, tout en défiant les codes traditionnels de la féminité.«
Pour un premier long métrage au titre poétique, Valery Carnoy signe un récit qui sort des sentiers battus et en forme de réflexion sur la difficulté d’être à l’approche de l’âge adulte.
