On est surpris de découvrir les qualités de jeu de ces élèves, comme on l’est devant la qualité de leur questionnement. Et c’est la partie la plus forte du doc où on les voit s’approprier la pièce pour en restituer une lecture originale, ce qui est la base de tout travail théâtral. Mais leur maturité est stimulante.
Là où le doc connait des limites, c’est dans le portrait un peu long de la professeure dont on sent que cette mise en scène est un peu une psychanalyse, même si le thème du handicap est évoqué sans aucune lourdeur. Au détour des confidences de l’enseignante, on ne peut qu’être surpris enfin de sa franchise quand elle avoue ne pas se souvenir d’avoir lu Les Mémoires d’une jeune fille rangée, de Simone de Beauvoir qui fut pourtant le Bible du féminisme et a marqué durablement l’univers intellectuel. D’autre part, si le projet du documentaire permet le témoignage de la chercheuse Myriam Dufour-Maître, dont l’intervention enrichit le débat, on est plus mesuré devant les propos, beaucoup plus attendus, d’une Noémie de Lattre, qui donne une version un peu stéréotypée du féminisme moderne. C’est dans toute cette partie que le doc, souvent dynamique, devient bavard et un peu trop nombriliste.
