ESSAI
Bourgeois Gaze (*) est ce type d’essai qui ne peut que susciter des débats. Rob Grams y analyse comment le « regard » bourgeois imprègne notre culture cinématographique.. Une étude polémique et tonique, même si elle survole parfois les sujets.
Rédacteur en chef adjoint de Frustration Magazine, un webzine d’opinion français plutôt engagé à gauche, Rob Grams opte pour une approche politique et culturelle sur le cinéma avec Bourgeois Gaze, dont le sous-titre est clair : « La Domination de classe au cinéma« .
Dans cet essai, il part d’un constat simple et carré : art populaire par excellence, le cinéma est dominé par la minorité sociale qu’est la bourgeoisie. Héritiers de milieux favorisés, enfants d’artistes ou de grands patrons, ce sont eux qui fabriquent l’essentiel des récits, décident quels personnages existent à l’écran et comment ils sont représentés. En huit chapitres documentés et écrits dans un style très direct, Rob Grams pose des questions qui provoquent le débat en étudiant des films emblématiques et en décrivant un système de production qui est socialement homogène. Le tout en se revendiquant du « male gaze », développé en 1975 par Laura Mulvey dans un article : Visual Pleasure and Narrative Cinéma (au passage, il la présente comme américaine alors que cette réalisatrice et féministe est bel et bien britannique).
Pour définir ce concept enrichi, l’auteur écrit : « Dans un sens marxiste assez strict, c’est la classe qui possède les moyens de production, qui tire son profit de l’exploitation du travail des autres. » Et d’ajouter : « On peut prendre aussi une définition plus bourdieusienne : ceux qui cumulent du capital économique (de l’argent), du capital social (un carnet d’adresse fourni) et du capital culturel (la maîtrise des références légitimes, un haut niveau de diplômes, les codes des milieux privilégiés.)«

