Un conte moral sur la culpabilité

Pour ne pas filmer comme un ingénu la Capitale, le cinéaste a pris le parti de tourner en banlieue et s’en expliquait en ces termes : « Le danger qui guette tout cinéaste qui décide de faire un film en dehors de son contexte d’origine est d’y mettre les premières choses qui captent son regard. J’ai pris le contre-pied de cette démarche. Puisque l’architecture de Paris me fascinait, j’ai voulu la dépasser pour accéder à autre chose ». Le pari est tenu et le côté impersonnel de la banlieue nous permet de focaliser encore plus l’attention sur les personnages principaux, les tensions jaillissant entre eux….

Des personnages campés avec beaucoup de sensibilité par des comédiens en quête d’une vie moins troublée. Le film a valu à Bérénice Bejo, surprenante dans la scène où elle hurle face à son mari, un Prix d’interprétation féminine au 66ème Festival de Cannes. Asghar Farhadi a tenu à modifier le visage de la comédienne pour qu’elle exprime de manière encore plus forte le doute. Elle racontait : « Asghar essayait de trouver quelque chose dans mon visage, je ne savais pas quoi. Alors il m’a mis des cotons dans la bouche, il m’a foncé le front, il a travaillé sur les commissures de mes lèvres

Enfin, le cinéaste réussit une fois encore, malgré la difficulté pour la mise en scène, de faire tourner des enfants et il capte des instants forts comme ceux sur le quai du métro où le petit garçon, regard mélancolique, pose à son père des questions qui ne peuvent que troubler car sans réponse.

Balançant entre la fidélité au passé et le désir de se tourner vers l’avenir, ce film en forme de conte moral qui rend hommage au rôle des femmes qui semblent, dans son univers, toujours les plus fortes.

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