L’oubli Gadebois !

Si aucun de ces films n’est exceptionnels sur le plan de la mise en scène (il faut mettre à part Une place pour Pierrot dont le scénario est original et certaines séquences inattendues), les performances d’un Grégory Gadebois sont à mettre en valeur tant ce monsieur aux allures de boxeur a une sensibilité à fleur de peau et un jeu intérieur d’une grande force.

Il suffit d’un regard, d’un geste à ce comédien massif pour faire passer une émotion sans jamais surligner le trait, crier pour exister. Il y a une sensibilité à fleur de regard qui s’exprime chez ce comédien atypique qui fait penser, avec beaucoup plus de sensibilité, à un Depardieu jeune. Dans la relecture des Misérables, centré sur l’épisode avec Monseigneur Bienvenu Myriel, ce n’est pas parce qu’il a perdu 30 kilos en quelques mois pour camper le bagnard juste libéré du bagne de Toulon après des années de souffrance, que l’acteur est brillant. Gadebois est particulièrement fort dans le « non-verbal », dans l’expression corporelle où l’on sent, soudain, que Valjean est un homme qui peut encore basculer dans la violence.

Le jeu de Grégory Gadebois serait-il trop subtil pour certaines bandes de l’Académie ? Une chose est sûre : l’absence de ce comédien dans la compétition est un petit scandale et il faudra bien un jour rendre hommage à son talent. Le 11 mars, Gadebois sera à l’affiche d’un très grand film, Orphelin, du réalisateur du Fils de Saul. On peut donc rêver que cet artiste subtil ne soit pas, une fois de plus, oublié de la cérémonie des César l’année prochaine…

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