Le tournage ne fut pas non plus une partie de plaisir. Il commença le 27 janvier 1959 et rapidement Kirk Douglas se retrouva en désaccord avec Anthony Mann qui fut renvoyé un mois plus tard et dont le film comporte pourtant quelques séquences tournées par ses soins (celle de l’école des gladiateurs et celle de la mine). Malgré les craintes de commanditaires du film, c’est un jeune réalisateur de 32 ans, Stanley Kubrick qui reprit la direction du tournage, après avoir travaillé avec Kirk Douglas sur Les Sentiers de la gloire (1957). Celui-ci eut fort à faire avec des comédiens qui avaient tous leur avis sur la mise en scène. Charles Laughton demanda à Peter Ustinov de réécrire certains dialogues. Et Kirk Douglas lui-même proposa d’autres emplacements pour la caméra. Pour autant, le tournage fut mené à terme, même si Kubrick désavoua le film in fine. Une décision qui le conduisit ensuite à exiger d’avoir le « final cut » sur tous ses futurs tournages.
Même s’il ne rentra pas dans ses frais, Spartacus connut un beau succès public. En 1991, il est réapparut au cinéma dans une version plus longue de 14 mn et qui comporte une scène qui évoque l’homosexualité des personnages campés par Laurence Olivier (Crassus) et Tony Curtis. (Antoninus)
Un tournage on le voit mouvementé sur l »aventure d’un rebelle. Dans ses Mémoires, Le fils du chiffonnier , Kirk Douglas raconta ensuite: « Spartacus occupa trois ans de ma vie, plus de temps que n’en passa le véritable Spartacus à guerroyer contre l’empire romain ». Les voies d’Hollywood sont aussi dangereuses…
