Des vies couturées

Si l’univers de la mode est au cœur de l’histoire – la description est précise, notamment sur les petites mains qui œuvrent pour créer les plus fastueuses tenues – le film repose surtout sur le chassé-croisé entres ces femmes, réunies par l’urgence d’un défilé, et dont découvre, petit à petit, des vies intranquilles. Ainsi Angèle, la jeune maquilleuse qui vit seule avec son chat, acceptant de remplacer les autres en urgence, est tiraillée entre son métier et ses rêves de devenir auteure. Une jeune femme qui est la seule à ne pas se cacher derrière un maquillage et les apparences : une fois de plus, on découvre la finesse du jeu de Ella Rumpf, qui ne force jamais sur les effets.

Face à elle, les hommes ne font pas de la figuration et autant Louis Garrel, en assistant réalisateur proche de Maxine, que Vincent Lindon, qui signe une composition très solide du patron de service d’oncologie à l’hôpital, sont d’une extrême justesse.

Il est juste dommage que la réalisatrice s’appesantisse un peu trop sur les coulisses du défilé avec beaucoup de plans qui ralentissent l’histoire, alors que, dans les séquences entre les différents protagonistes qui font rebondir l’histoire, il y a une belle énergie et l’expression d’une sensibilité certaine. Elle aurait pu aussi avoir la main moins lourde avec la bande originale électro-pop qui surligne souvent plutôt qu’elle n’accompagne l’histoire aux allures de mélodrame..

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