Un maestro du documentaire

DISPARITION
Depuis le temps qu’il marquait le documentaire de sa griffe, on avait fini par le croire immortel. Pourtant, Frederick Wiseman, 96 ans, vient de lâcher la rampe après avoir ausculté en plus de 50 ans la société américaine (notamment) d’un regard acéré. Un grand défricheur du cinéma.

Sans nul doute, Frederick Wiseman fait partie de ces artistes que Donald Trump déteste. Il est vrai, Frederick Wiseman n’a eu de cesse de passer au crible, dans ses documentaires-fleuve qui laissaient du temps au temps, les institutions américaines, des prisons à l’opéra, à l’apartheid.

Né le 1er janvier 1930 à Boston, il avait suivi les traces de son père, un juif russe devenu avocat, et étudié le droit à Yale. Mais, c’était sans une vraie vocation et il avait été ensuite embauché comme professeur à l’université de Boston. Et avant de commencer à enseigner, il met le cap sur Paris, y passe deux ans, et y tourne des films amateurs en 8 mm sur sa vie dans la capitale. C’est au retour aux États-Unis qu’il décide de produire, un film sur un ghetto noir, à la frontière du documentaire et de la fiction, The Cool Word. Il avait expliqué bien plus tard à l’antenne de France Culture : « En regardant ce tournage, j’ai été convaincu que je pouvais le faire moi-même »,

C’est chose faite avec Titicut Follies, sorti en 1967, son premier doc en noir et blanc où il montre de manière frontale la vie quotidienne dans un hôpital psychiatrique pour malades mentaux dans le Massachusetts. Prétextant qu’il portait atteinte à l’intimité des patients, cet État parviendra à le faire interdire de diffusions sur les écrans pendant 25 ans, c’est dire la force de cet opus !

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