La petite fille et l’épidémie

C’est aussi un coin perdu dans lequel on le sentiment que sont parqués au loin ces malades et qui sont, en prime, des travestis, ce qui a le don de susciter la colère des ouvriers qui les traitent de pestiférés. Des lieux peuplés de fantômes car la plupart des mines sont abandonnés et l’on y retrouve des petites villes désertées. Cette région du nord est aussi un symbole au Chili car certains opposants au régime de Pinochet y ont été exilés, voire exécutés. Tout en étant d’un grand réalisme, le film touche enfin à l’onirique avec cette histoire de regard qui peut tuer.

Enfin, la force du propos tient à un casting surprenant de femmes trans qui vivent dans ce cabaret comme si c’était un refuge et qu’ils y recréent une espèce de famille avec, au cœur du groupe, la présence de cette adolescente campée avec un naturel confondant par la jeune Tamara Cortes, dénichée après un long casting. Commentaires du cinéaste : « C’était Lidia, un peu rude, un peu sauvage, très calme, joyeuse, avec une pointe d’humour noir. Elle avait toutes les caractéristiques du personnage. Elle n’était pas du tout effrayée de se retrouver au milieu de cette communauté, cela lui était naturel.« 

In fine, ce western moderne est un beau récit sur l’inclusion et le respect des différences qui a reçu le Prix Un certain Regard au dernier Festival de Cannes.

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