Un conte amoureux à Beyrouth

Ce qui donne son ton à cette comédie amoureuse, c’est que le cinéaste ne sépare jamais l’histoire sentimentale du contexte politique libanais. Et, in fine, l’amour est un échappatoire face au chaos sociale et politique, face à la crise de régime qui conduit les habitants à vivre d’expédients. « Au Liban, l’histoire et la politique ne sont jamais seulement des « arrière-plans ». Elles s’immiscent dans la vie quotidienne, les relations et les décisions les plus intimes. Des assassinats aux guerres en passant par l’explosion du port du 4 août, chaque choc nous amène à nous demander si nous pouvons imaginer un avenir ici, ou si nous pouvons même fonder une famille et élever des enfants alors que l’on perd tout espoir dans ce pays » souligne Cyril Aris.

Face à une situation de crise, l’amour est alors ce qui permet au couple de rêver à une autre vie, de construire autre chose pour survivre. Symboliquement, leur retour dans la gare abandonnée de Beyrouth et ses wagons sur une voix de garage montre bien comment, malgré ce climat de ruines et de fin d’un monde, l’amour semble être la seule voix de salut dans ce chaos permanent. Sans doute marqué par son talent de documentariste, ce premier film est une preuve de plus de l’inspiration renouvelée du cinéma libanais.

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