Un roman-feuilleton très prenant

TV : sur T18, JEUDI 12 FÉVRIER, à 20h55

AU REVOIR LÀ-HAUT, de Albert Dupontel (2017) – 1h57

Drame avec Nabuel Perez Biscayart, Albert Dupontel, Laurent Lafitte,

Score : 4/5

Le scénario

Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire..

Mon avis –

Albert Dupontel a réussi la gageure de tirer d’un roman très dense et documenté de Pierre Lemaitre (prix Goncourt 2013) un film en forme de roman-feuilleton où l’histoire est conduite à belle allure de rebondissement en rebondissement. On y retrouve des héros cassés par la vie, de vrais salauds, et des personnages secondaires attachants… tout ce qui fait la densité d’une histoire.

Comme à son habitude, le réalisateur a tiré son film vers le pamphlet politique et en trouvant des parallèles avec l’univers politique actuel. À la sortie de son film, Albert Dupontel soulignait : « J’y ai vu un pamphlet élégamment déguisé contre l’époque actuelle. Tous les personnages me paraissaient d’une modernité confondante. Une petite minorité, cupide et avide, domine le monde, les multinationales actuelles sont remplies de Pradelle et de Marcel Péricourt, sans foi ni loi, qui font souffrir les innombrables Maillard qui eux aussi persévèrent à survivre à travers les siècles. » Et il a pris, avec l’aval du romancier, quelques libertés avec le roman original, notamment sur la fin du récit.


L’histoire est aussi une évocation de la relation entre un père bourrelé de remords et un fils qui se sent délaissé, incompris. La réussite de Au revoir là-haut repose sur une mise en scène ambitieuse qui mêle un réalisme marquant à un univers magique, onirique, renforcé par l’utilisation des masques et les séquences dans le grenier. La reconstitution du Paris des Années Folles est aussi une grande réussite.

Un drame qui repose sur un casting d’une rare efficacité. Nahuel Perez Biscayart est un étonnant Edouard Péricourt avec son regard ironique sur les évènements. Après que Bouli Lanners a jeté l’éponge, à la suite de soucis de santé, le réalisateur est descendu dans l’arène pour camper Albert Maillard, un être nerveux, fébrile comme habité d’une folie intérieure. Sanglé dans sa tenue militaire, Laurent Lafitte est impeccable, tout comme Niels Arestrup dans le rôle du patriarche réfugié dans sa solitude.

Un grand film en forme de plongée dans un passé d’une grande modernité.

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