La justesse du récit tient sans nul doute à la qualité de la direction d’acteurs qui sont tous très crédibles. Tout est parti d’un court-métrage éponyme où Brendan Canty a demandé de l’aide à Garry McCarthy, directeur d’un centre culturel installé dans conteneur et qui réunit les jeunes d’un quartier de Cork autour de l’art, du chant, du hip-hop… Parmi les jeunes du centre, le réalisateur a choisi plusieurs jeunes dont Danny Power qui campe ici le rôle principal et est juste de bout en bout.
Aussi véridique dans les relations avec ce frère aimant, mais qu’il gêne au quotidien par sa présence, que dans le salon de coiffure où, employé occasionnel, il fait montre de son « art » et de la « coupe Christy », Danny Power campe un singulier personnage qui semble porter sa solitude y compris dans une fête. Comme si existait au plus profond de lui ce vide incapable de combler.
Pour autant, un peu comme dans certains films de Loach, il y a une espèce d’énergie qui se dégage de certains moments de solidarité, d’entraide amicale chez ces adolescents de la crise. Le film est aussi le beau portrait de deux frères qui ont du mal à dire leurs émotions. Diarmuid Noyez souligne justement : « Beaucoup de gens ne disant jamais à certains membres de leur famille qu’ils les aiment. Et parfois, il est trop tard. les hommes irlandais, en particulier, ont très peur de se montrer vulnérables. »
Récit subtil et délicat, le film, sans jamais sombrer dans le glauque, est une plongée saisissante dans le quotidien de ces banlieues populaires et frappées de plein fouet par la crise.
